Atos opte pour l’offre de Onepoint et s’apprête à diluer massivement ses actionnaires
Daniel Kretinsky ne mettra pas la main sur un autre groupe iconique européen. Après avoir repris le distributeur Casino et alors qu’il est en train de racheter le britannique Royal Mail, l’homme d’affaires tchèque voit Atos lui échapper.
Dans un communiqué publié mardi 11 juin au matin, le conseil d’administration indique avoir retenu l’offre de Onepoint qui faisait concurrence à celle de Daniel Kretinsky.
Dans le sillage de cette annonce, l’action Atos plongeait de 12,60%, à 0,99 euro, mardi en fin de matinée. Elle perd désormais plus de 86% depuis le début de l’année.
Le groupe fondé par David Layani s’est associé à la société d’investissement Butler Industries, à l’entreprise de services informatiques Econocom et à un ensemble de créanciers du groupe pour soumettre sa proposition. Les dirigeants l’ont jugée la «mieux orientée en matière d’intérêt social de la société» et «globalement conforme aux principaux paramètres financiers présentés en avril». Surtout, le soutien «d’un grand nombre de créanciers financiers d’Atos (...) assure avec plus de certitude la conclusion d’un accord définitif de restructuration financière», juge le conseil d’administration.
Ce plan bénéficie du soutien d’environ «60% des créanciers financiers d’Atos», et celui porté par Danien Kretinsky était soutenu «par 30% des créanciers», indique à L’Agefi une source proche du groupe.
Pour sa part, Daniel Kretinsky «prend note de la décision du conseil d’administration d’Atos», précise son entourage.
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0,1% du capital
Alors que l’ex-fleuron tricolore de la tech est étranglé par près de 5 milliards d’euros de dette, le plan porté par David Layani prévoit une transformation de 2,9 milliards d’euros de dette en capital, pour 1,5 milliard d’euros de nouveaux fonds sous forme de dette et une augmentation de capital de 250 millions d’euros, dont 175 millions seront souscrits par le consortium formé autour de Onepoint et 75 millions par les créanciers.
Dans sa proposition, Daniel Kretinsky tablait sur 3,4 milliards d’euros d’abandon de dette.
Sur la base d’un capital entièrement dilué, Onepoint et ses alliés détiendront 21% des titres. Les actionnaires existants seront massivement dilués, leur poids au capital tombant à moins de 0,1%.
«Atos travaillera avec le consortium Onepoint pour parvenir à un accord définitif de restructuration financière qui sera ensuite mis en oeuvre par le biais d’une procédure accélérée dédiée d’ici à juillet 2024», a ajouté le groupe.
«Cette offre est logiquement la plus suivie par les créanciers, dans la mesure où elle leur offre les meilleures perspectives de recouvrement (potentiellement 40 à 50% dans une première approche (...), et parce que Onepoint envisage de maintenir le périmètre du groupe», remarque Oddo BHF, dans une note d’analyse publiée mardi. De fait, le projet de David Layani semble éviter un démantèlement, contrairement à ce que laissait craindre celui porté par Daniel Kretinsky. A priori, il ne prévoit pas non plus de plan social dans son offre.
Néanmoins, la solution proposée par Onepoint pourrait ne pas suffire pour résoudre les problèmes de dette à long terme d’Atos car «le groupe restera avec un ratio dette nette/EBITDA 2025 supérieur à deux post restructuration selon un calcul «de base», et surtout un ratio que nous estimons proche de six fois selon la méthodologie de calcul de S&P», souligne Oddo BHF. Le courtier estime qu’un «refinancement risqué sera nécessaire dans quelques années».
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