Cegedim s’apprête à transformer radicalement son profil opérationnel et financier

L’éditeur de logiciels de santé se prononcera d’ici à fin novembre sur la cession de 47% de son activité à IMS Health pour 385 millions d’euros
Yves-Marc Le Réour

Le recentrage annoncé mardi soir par Cegedim sera bien plus important que prévu. Après deux années difficiles sur le plan opérationnel, le spécialiste français des logiciels de santé a en effet reçu du groupe américain IMS Health une offre de rachat ferme portant sur «la majeure partie des activités de sa division CRM et données stratégiques pour un montant en numéraire de 385 millions d’euros». Le périmètre concerné représente 47% de son chiffre d’affaires et 43% de son excédent brut d’exploitation (EBE) sur l’exercice 2013.

Le groupe avait indiqué être ouvert à des cessions mais les analystes crédit d’Aurel Pollak anticipaient plutôt un mouvement concernant «ses activités de location financière aux officines pharmaceutiques et aux professionnels de la santé (Cegelease), aux services de publicité en pharmacie pour les laboratoires (RNP) ou encore la gestion de la paie et des ressources humaines (SRH)» qui resteront dans son giron. Sur la base de son nouveau périmètre, la marge brute de Cegedim aurait atteint 19,3% en 2013 (contre 17,3% publié) et son chiffre d’affaires aurait progressé de 1,8% au lieu du repli de 2,1% constaté.

L’offre bien accueillie par la direction de Cegedim sera soumise pour consultation aux instances représentatives du personnel, puis au conseil d’administration qui devra se prononcer avant fin novembre. Après aval des autorités de régulation, la transaction devrait être bouclée début 2015. «En acceptant l’opération, Cegedim cèderait notamment du chiffre d’affaires volatil ou en déclin pour se concentrer sur des activités plus résilientes et mieux margées», relèvent les analystes actions de Gilbert Dupont.

La plus grande partie du produit de cession étant affecté au désendettement du groupe, sa dette nette passerait de 465 millions d’euros à seulement 77 millions, le ratio d’endettement tombant de 3 fois à 0,8 fois l’EBE. Comme l’indique Aurel Pollak, «il est probable que la société procède à une offre de rachat anticipé de sa souche obligataire à 6,75% à échéance 2020», qui représente au total 425 millions d’euros. Le seul bémol portera sur la perte de valeur «significative» sur goodwill que devra sans doute constater le groupe, sur la base de survaleurs qui s’élèvent à 528 millions d’euros. Ceci n’a pas empêché les investisseurs de faire bondir hier l’action de 18,7% à 26,12 euros.

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