Casino s’adapte à la mutation numérique de la distribution
Casino veut profiter de l’aspiration provoquée par la prochaine cotation à la Bourse de New York d’Alibaba, numéro un chinois du commerce en ligne, pour valoriser ses activités de vente par internet. Le groupe de distribution français a lancé un processus qui doit aboutir dans les prochains mois à la mise en Bourse à New York de l’ensemble de ses actifs de e-commerce. Ils comprennent les activités de CDiscount en France et dans plusieurs pays émergents (Colombie, Vietnam et Thaïlande) et celles de Nova Pontocom, détenu par le numéro un brésilien de la distribution, Grupo Pao de Açucar, filiale de Casino.
Au total, elles représentent un peu plus de 4 milliards de dollars de chiffres d’affaires, équitablement répartis entre CDiscount et Nova.
Les deux entités seront chapeautées par une holding de tête dont le pays de résidence n’a pas encore été déterminé. C’est cette structure ‘NewCo’ qui sera ensuite mise en Bourse probablement sur le Nasdaq afin de profiter de la profondeur et de l’expérience du marché américain pour ce type de valeurs. Le calendrier et les modalités de l’opération ne sont pas encore arrêtés. Casino est épaulé par Morgan Stanley et JPMorgan.
En regroupant ces actifs, et malgré des zones géographiques éloignées, Casino espère faire jouer les synergies, dans les achats mais aussi dans les solutions technologiques. La mise en Bourse de ce pôle internet doit permettre «d’accélérer son développement et d’améliorer sa visibilité», explique Casino, confronté à la concurrence des groupes 100% numériques. Amazon s’est implanté au Brésil cette année et eBay s’apprête à lancer un site en portugais pour les consommateurs brésiliens.
En cas de cession d’actions lors de cette mise en Bourse, Casino pourrait faire remonter du cash. Le distributeur dirigé par Jean-Charles Naouri devrait aussi profiter indirectement de la valorisation de ces actifs. Mercredi, après l’annonce du projet, le cours de l’action Casino a gagné 3,59% à 92,30 euros, son plus haut depuis 2001. Les actifs de e-commerce sont valorisés traditionnellement entre 1 et 1,5 fois leur chiffre d’affaires, des multiples 2 à 3 fois supérieurs à ceux des distributeurs physiques.
Cela donnerait alors une valorisation de 4 à 6 milliards de dollars à la future entité, soit jusqu'à 40% de la capitalisation boursière actuelle de Casino.
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