Casino n’a pas que des raisons commerciales de s’allier à Amazon
Casino a fait son choix : le groupe présidé par Jean-Charles Naouri aidera le géant américain Amazon à tisser sa toile en France.
Pour l’heure, c’est au niveau de sa filiale Monoprix que le groupe stéphanois a choisi d’ouvrir à son partenaire la porte du marché alimentaire français, acceptant d’en faire le fournisseur du service Prime Now de l’Américain.
Ce pas est déjà significatif pour Casino, d’autant qu’en cas de succès, l’accord pourrait être élargi à toute la France.
Il vient compléter un autre mouvement tout récent, encore au niveau de Monoprix qui vient de s’allier au site de e-commerce alimentaire britannique Ocado.
La Bourse a apprécié le mouvement, le cours de Casino bondissant de plus de 4%.
Tant mieux : car si un sujet est plus que tout autre urgent pour Jean-Charles Naouri, c’est de rehausser le cours des différents étages de sa cascade cotée qui ploie sous une dette excessive.
Depuis le 1er janvier, Casino a déjà perdu pour cause de résultats décevants plus de 20%, alors que son indice de référence, le Stoxx 600 retail, n’a reculé que de 7%.
Rallye, sa holding de contrôle à 51%, a perdu environ autant, si bien que son actif ne dépasse pas 2,5 milliards pour une dette brute de près de 3 milliards.
Les deux cours se rapprochent de leurs plus bas niveaux historiques, dont l’activiste Muddy Waters avait profité fin 2015 pour s’imposer chez Casino avec la brutalité que l’on sait.
Dès lors, faire remonter les cours et jouer avec doigté sur les flux de dividendes entre ses structures cotées pour couvrir les frais financiers reste un impératif catégorique pour Jean-Charles Naouri.
Si l’accord avec Amazon peut donner à la valeur un caractère spéculatif, il ne s’en plaindra pas.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
Contenu de nos partenaires
-
« J’exige qu’on la fasse taire » : passe d’armes entre Elon Musk et Marine Tondelier
Le milliardaire américain s’en est pris à la secrétaire nationale des Ecologistes après que celle-ci a déclaré vouloir interdire la plateforme X en France. -
Real PolitikEn accueillant le président birman, la Thaïlande met l'Asean dans l'embarras
Après ses déplacements en Inde et en Chine, Min Aung Hlaing a effectué une visite officielle à Bangkok qui valide sa stratégie visant à ramener son pays sur le devant de la scène -
Le nouvel âge de la piscine : de la performance au plaisir partagé
Depuis soixante ans, le groupe Desjoyaux accompagne la passion des Français pour la piscine en épousant leurs envies. Aujourd’hui, le bassin bleu du fond du jardin se contracte pour évoluer en pièce à vivre au quotidien : plus petite, plus conviviale et plus habitée que jamais.