Casino condamné à se passer des marchés obligataires
La nouvelle n’a pas surpris le marché qui n’a, pour cette raison, pas sanctionné le titre.
Mais la dégradation hier, par l’agence Standard & Poor’s, de la note de crédit de Casino en « junk bond » reste une mauvaise nouvelle pour le distributeur, condamné à se passer des marchés obligataires avant d’avoir assaini son bilan.
Sensible aux arguments du fonds activiste Muddy Waters, qui a lancé une attaque en règle contre Casino en décembre, l’agence a justifié sa décision par son scepticisme quant à la capacité du groupe à redresser ses marges en France.
La cession de ses participations en Thaïlande, désormais effective, et au Vietnam, en bonne voie, est certes positive.
Mais le pari du redressement de l’exploitation en France, et plus encore au Brésil où la récession s’aggrave, n’est pas gagné, juge Stantard & Poor’s, malgré les assurances réitérées de Casino.
Pour ce dernier, la dégradation n’est pas neutre : elle lui coûtera 20 millions de frais financiers de plus en 2016 et 90 millions en 2017.
Plus encore, elle lui ferme de facto les marchés obligataires pour l’avenir prévisible.
Car nombre d’investisseurs n’ont simplement pas le droit d’investir dans des « junk bonds » pour des raisons prudentielles, ce qui revient pour l’émetteur qui se risque sur le marché à payer un coupon prohibitif.
Face à cela, Casino a engagé un programme accéléré de désendettement.
Quant au profil d’endettement de sa maison mère Rallye, hors un premier remboursement en novembre déjà anticipé par le groupe, il ne lui réserve pas d’échéance majeure avant fin 2018.
S’il n’y a pas de péril financier immédiat, Casino sait que les investisseurs ne lui pardonneront aucun retard dans le redressement de sa rentabilité.
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