Carrefour s’offre Dia France au prix fort mais gagnera des parts de marché
Le marché reste de marbre à la perspective du retour de Dia dans le giron de Carrefour, trois ans après l’avoir quitté. L’action du distributeur français clôturait hier en baisse de 0,04% à 26,28 euros. Si les analystes ont salué la pertinence de cette opération – «une opportunité qu’il ne fallait pas laisser passer» pour Natixis – ils sont nombreux à avoir trouvé le prix trop élevé.
Carrefour propose de racheter Dia France (19% des ventes du groupe espagnol Dia) pour une valeur d’entreprise de 600 millions d’euros, bien au-delà des 300 millions anticipés par le marché et des 450 millions. Avec plus de 800 magasins, Dia France a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires net de 1,9 milliard d’euros, soit 1,6% du marché domestique, mais avec une perte d’exploitation de 18 millions d’euros et une dette financière nette de l’ordre de 200 millions. Ce prix «qui peut paraître élevé au regard des attentes du marché qui étaient bien trop basses pour Dia (entre 0 et 500 millions d’euros), n’est pas si élevé en absolu (car en ligne avec la moyenne sectorielle)», note Natixis. L’opération se fait sur un multiple de 0,32 fois le chiffre d’affaires 2013. «Un deal petit et logique, mais un prix élevé pour des actifs très ordinaires», note Exane BNP Paribas. Une acquisition stratégique «chère», pour Kepler Cheuvreux. «300 magasins Dia affichent une forte sous-performance et leur fermeture serait coûteuse. Carrefour devra rénover le réseau et donc augmenter ses investissements, ajoute Kepler Cheuvreux. A l’avenir, quand les magasins seront intégrés dans le bien plus grand Carrefour France, nous doutons qu’il y ait assez de données dans le futur pour nous permettre de juger du succès de l’opération».
Toutefois, cette acquisition va permettre à Carrefour de gagner «entre 1 et 2 points de part de marché (20,3% avant l’opération) et ainsi distancer Leclerc qui venait talonner le groupe (19,3% en 2013)», ajoute Natixis.
Dans l’hypothèse où Carrefour conserverait 649 magasins de la région parisienne et du sud de la France sur les 865 magasins de Dia France, et que ces derniers passeraient sous enseigne Carrefour (City, express ou supermarché), Natixis anticipe une croissance organique annuelle de 2,8% sur 2015-2019, tandis que la marge opérationnelle passerait de 1% estimé en 2013 à 3,3% en 2019. Pour sa part, BoA Merrill Lynch juge l’opération dilutive de 1,5% la première année, mais relutive de plus de 5% en année 3.
Plus d'articles du même thème
-
L’ampleur du plan allemand peine à convaincre les économistes
Le paquet de 34 réformes annoncées jeudi 2 juillet va de la fiscalité au marché du travail en passant par la compétitivité, l’Etat social et la réduction de la bureaucratie. Promis depuis l’automne 2025, il est avant tout destiné à prouver aux Allemands que le gouvernement de Friedrich Merz peut agir et se mettre d’accord sans susciter de querelles internes. Certains aspects positifs pourraient cependant être contrebalancés par d’autres décisions à venir. -
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon