
BMS s’offre Celgene pour créer un leader de l’oncologie
L’année 2019 commence en fanfare pour les fusions-acquisitions. Bristol-Myers Squibb (BMS) a annoncé hier le rachat de la biotech américaine Celgene pour 74 milliards de dollars (64,9 milliards d’euros) en numéraire et en titres, sans compter la dette de 20 milliards. Ce qui en fait la plus grande opération du secteur, selon Refinitiv. Elle pourrait ouvrir la voie à d’autres transactions de cette envergure dans la santé, selon certains analystes.
Les actionnaires de Celgene recevront 1 action BMS et 50 dollars en cash pour chaque action apportée, soit un total de 102,43 dollars sur la base du cours de BMS le 2 janvier, représentant une prime de 51% sur le cours moyen 30 jours de Celgene. Ils bénéficieront également d’un certificat de valeur conditionnelle (CVR) par titre, donnant droit à un paiement unique de 9 dollars en numéraire après l’approbation par la FDA des produits ozanimod (traitement de la sclérose en plaques), liso-cel (avant la fin 2020) et bb2121 (d’ici le 31 mars 2021).
Le nouvel ensemble sera numéro un en oncologie (tumeur solide et hématologie), qui représente 62% de ses revenus actuels, loin devant le cardiovasculaire (17%), où il est aussi leader, et l’immunologie (11%), où il entre dans le top 5 mondial. Il disposera de neuf blockbusters (traitements dégageant au moins 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires) et de dix produits en phase 3, dont six lancements à court terme pesant plus de 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires potentiel.
Cette opération sera relutive de plus de 40% sur le bénéfice par action de BMS dès la première année pleine. Le cash-flow libre devrait dépasser les 45 milliards de dollars sur les trois premières années suivant le closing, permettant d’investir «significativement» dans l’innovation, tout en maintenant la politique de distribution de dividendes. BMS mise sur 2,5 milliards de dollars de synergies de coûts d’ici 2022, dont 55% dans les frais généraux, 35% en R&D et 10% en fabrication. A l’issue du rapprochement, attendu au troisième trimestre 2019, les actionnaires de BMS détiendront environ 69% du nouvel ensemble et ceux de Celgene 31%. Deux administrateurs de Celgene siégeront au conseil de BMS, qui comptera désormais treize membres.
Le laboratoire américain financera ce rachat par trésorerie et par dette, avec un prêt-relais de 33,5 milliards de dollars auprès de Morgan Stanley et de MUFG. BMS est conseillé par Morgan Stanley, avec Evercore et Dyal ; et Celgene par JPMorgan, assisté de Citi.
Plus d'articles du même thème
-
Abivax part à la conquête de Wall Street
La biotech française lance sa double cotation. Elle sera accompagnée d’une levée en Europe dont le montant et le calendrier ne sont pas encore connus. -
Valneva a réduit ses pertes au premier semestre
La trésorerie de la biotech ressort à 204,4 millions d'euros au 30 juin, en baisse de 85 millions en six mois. -
Un recours collectif vise à la fois Procter & Gamble et Johnson & Johnson
Les deux groupes sont accusés d’avoir commercialisé des décongestionnants dont l’efficacité a été remise en cause dès 2018 aux Etats-Unis.
Sujets d'actualité
ETF à la Une

Bitwise va lancer les premiers ETF investis en contrats à terme sur ethereum
- L’étau se resserre autour de la fiscalité du patrimoine
- Fortuneo prive ses clients de fonds monétaires
- Aucune banque française ne figure parmi les 40 marques européennes les plus valorisées
- Rattrapé par des suspicions sur Credit Suisse, UBS décroche en Bourse
- ADP, Vinci et Eiffage affichent leur confiance face à la menace de surtaxe
Contenu de nos partenaires
-
Défense
Armées: plus d'argent, moins de transparence
(Version actualisée) Des indicateurs importants ne seront plus rendus publics. -
Marathon
Wauquiez, l’homme qui marche seul
Laurent Wauquiez s'est efforcé dimanche de dissiper les doutes sur sa détermination à être candidat à la présidentielle -
Bientôt dans votre région
Avec 200 brigades de gendarmerie, Emmanuel Macron veut remettre du « bleu » dans les campagnes
Alors que l'opinion publique se préoccupe toujours autant des questions de sécurité et que les chiffres de la délinquance pour l'année 2022 sont dans le rouge, le chef de l'Etat veut renforcer la présence des forces de l'ordre sur le terrain