Bloomberg veut créer le ChatGPT de la finance
La frénésie autour des agents conversationnels commence à infuser dans l’univers de l’information financière. Bloomberg a tiré le premier en annonçant, en fin de semaine dernière, travailler à son propre modèle d’intelligence artificielle (IA) générative, qui peut créer des contenus (texte, code, image ou son) en s’appuyant sur des données existantes.
L’agence de presse et d’information financière a fait son annonce quelques semaines après celles autour de ChatGPT, porté par la start-up OpenAI et Microsoft, puis celle du projet Bard d’Alphabet (Google), qui avaient déjà alimenté une certaine fébrilité.
L’initiative de Bloomberg apparaît logique. La société, qui a développé avec succès ses activités dans les services aux professionnels des marchés financiers et l’information financière, est fondamentalement une société de gestion de données (datas).
D’après le document de recherche détaillant le développement de BloombergGPT, écrit par les chercheurs de l’entreprise et de l’université Johns Hopkins, ce nouveau modèle d’IA générative reposera sur le grand modèle de langage (LLM, programme capable de générer des réponses à des questions formulées en langage courant) développé par Bloomberg. Le groupe affirme que son IA générative surpasse les modèles comparables d’IA dans le domaine de la finance.
La valeur ajoutée de Bloomberg, sa masse de données financières
La première version du modèle a été nourrie par une vaste masse de données (documents financiers, actualités, dépôts, communiqués de presse, médias sociaux) tirés des archives de Bloomberg.
De fait, l’activité historique de collecte d’informations et données financières du groupe, créé en 1981, a permis de nourrir l’IA générative d’un ensemble de 363 milliards de tokens (unités de base du texte ou du code qu’une IA LLM utilise pour traiter et générer du langage). Ce à quoi s’ajoutent des données publiques, pour aboutir à un vaste corpus de formation comprenant plus de 700 milliards de tokens. Soit bien plus que GPT-3, le modèle de langage d’OpenAI publié en 2020, qui avait été entraîné sur environ 500 milliards de tokens.
Les données spécifiques à l’entreprise, nommées FinPile, consistent en «une gamme de documents financiers en anglais, incluant des actualités, des déclarations, des communiqués de presse, des documents récupérés sur le web, et des médias sociaux tirés des archives de Bloomberg». Le corpus inclut aussi les documents déposés auprès de la SEC, le gendarme financier américain, les transcriptions de Bloomberg TV, les données de la Fed, et «d’autres données pertinentes pour les marchés financiers». Il est également formé sur des sources d’information autres que Bloomberg.
Quels usages en fera Bloomberg ? Il ne le précise pas encore, mais esquisse quelques pistes. BloombergGPT devrait pouvoir effectuer des tâches similaires à celles de ChatGPT, ainsi que des tâches plus étroitement liées aux besoins de Bloomberg, comme «améliorer les tâches financières (comme les comptes de résultats, ndlr), la reconnaissance des entités nommées, la classification des actualités et la réponse aux questions, entre autres».
A lire aussi : Google et Microsoft nourrissent une nouvelle fièvre boursière autour de l’IA
Plus d'articles du même thème
-
AMD renforce sa position concurrentielle dans l’IA
Le fabricant américain de semi-conducteurs va acquérir la start-up World Labs pour 8,2 milliards de dollars par le biais d’une transaction entièrement payée en titres. -
Le prospectus d'introduction en Bourse d'Anthropic met en lumière de nombreux «facteurs de risque»
La fuite dans la presse du document S-1 d’introduction en Bourse d'Anthropic révèle notamment que l’éditeur de Claude a perdu 8 milliards de dollars l'an dernier pour un chiffre d'affaires de 4,6 milliards de dollars. -
Meta veut monétiser son agent d’IA Muse auprès des entreprises
La maison mère de Facebook et Instagram a annoncé, lundi 28 septembre, le lancement de Meta Enterprise Platform, entité destinée à monétiser son nouvel agent d'IA à succès, Muse. L'ex-patron de la start-up MongoDB va diriger cette entité.
ETF à la Une
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le gendarme bancaire et financier alerte à nouveau sur le risque quantique
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Wero engage sa seconde croisade en Europe, soutenu par BNP Paribas
Contenu de nos partenaires
-
Hôtellerie de luxe : le Gard s'impose comme la destination chic de l'automne
Entre Castillon-du-Gard et Uzès, quinze kilomètres suffisent pour traverser les siècles. Deux hôtels cinq étoiles ponctuent cette échappée dans un Sud encore lumineux, enfin libéré de la foule estivale. Ici, le luxe tient à une équation simple : le temps et l'espace. -
« Comme une Constitution » : Ce que contient l’accord sur l’IA de Donald Trump avec la Silicon Valley
Mardi, le président américain a signé un accord d’autorégulation avec les patrons de l’IA. Le texte prévoit surtout la mise en place d’audits pour vérifier la conformité des modèles aux normes de cybersécurité -
Ligne de fondEdouard Philippe lance le débat sur les retraites avec un projet de réforme cohérent
Le candidat du bloc central à l'élection présidentielle a présenté mardi son projet de réforme des retraites, avec un âge légal de départ à 65 ans et une part de capitalisation obligatoire