Avec Technip, la France perd encore un siège social
Les fusions de grandes entreprises se succèdent en France, pour le même résultat : les sièges sociaux quittent le pays. Ce sera bientôt le cas pour Technip, le spécialiste français des équipements pétroliers et gaziers, qui a annoncé hier son mariage avec son concurrent américain FMC. Le nouveau groupe espère voir le jour début 2017 et installera pour l’occasion son siège social en terrain neutre, à Londres.
Alors certes, pour faire bonne mesure, chacun des deux fiancés gardera un centre de décision dans son pays d’origine. Thierry Pilenko, le patron de Technip, sera le président exécutif du nouvel ensemble à Paris, tandis que son homologue américain jouera les directeurs généraux à partir de Houston. La France abritera aussi le centre mondial de recherche du futur groupe – lequel, aurait tort, à ce stade de se priver de l’avantage fiscal du crédit impôt recherche.
Mais combien de temps cette gouvernance originale permettra-t-elle de préserver l’ancrage français du groupe, dès lors que la brèche est ouverte ? Le précédent Lafarge-Holcim est instructif. Il avait été présenté lui aussi il y a deux ans comme une fusion entre égaux entre les deux cimentiers, mais le camp suisse a vite pris le pas sur le camp français. Et l’on ne parle même pas de rachats purs et simples comme ceux d’Alcatel par Nokia ou d’Arcelor par Mittal, qui ont entraîné là aussi des transferts de sièges sociaux.
L’Etat actionnaire, pourtant, s’en accommode. La banque publique Bpifrance et l’IFPEN, l’ancien Institut français du pétrole, tous deux présents au capital de Technip, ont effet approuvé cette opération. Nul ne conteste la logique de concentration du secteur. Les acteurs parapétroliers souffrent de la chute des prix du baril : leurs clients, les grandes compagnies pétrolières, ont taillé dans leurs investissements. Technip avait bien tenté, fin 2014, une solution 100% tricolore en proposant le mariage à son compatriote CGG, mais celui-ci avait repoussé ses avances. Dans ce secteur qui traverse une crise profonde, les considérations financières ont primé.
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