Atos est pénalisé par l’attentisme de ses clients
Le chemin de croix se poursuit pour Atos. Le groupe de services numériques en difficulté a accusé lundi l’une des plus fortes baisses du SBF 120, après avoir lancé un avertissement sur ses résultats attendus en 2024 et en 2027.
L’action de l’ancien fleuron tricolore a chuté de 7,3% à 0,76 euro, portant sa chute à près de 90% depuis le début de l’année.
«Le plan d’affaires mis à jour tient compte des conditions de marché et des tendances commerciales actuelles plus faibles dans des régions clés du groupe, comme mentionné également par l’ensemble de l’industrie», a expliqué Atos dans un communiqué.
«Il reflète également l’impact des résiliations de contrats ainsi que des reports dans l’attribution de nouveaux contrats et de travaux supplémentaires, les clients attendant la finalisation du plan de restructuration financière du groupe, qui est attendue, à la suite du vote des classes de parties affectées et de l’approbation du plan par le tribunal, début 2025", a ajouté la société.
Atos a toutefois précisé que cette mise à jour n’avait pas d’impact sur les principaux termes du plan de restructuration financière convenus avec la majorité des créanciers financiers ni sur les besoins de liquidité pour la période s'étalant de 2024 à 2027.
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De nouvelles alertes à venir ?
«Si cette révision [des objectifs] à la baisse est relativement limitée au regard de la dynamique actuelle et ne remet pas en cause les paramètres de la restructuration financière, il existe un risque que de nouvelles révisions soient nécessaires», prévient Invest Securities.
De son côté, Oddo BHF va plus loin en considérant que les nouvelles prévisions financières pour 2027 paraissent encore «beaucoup trop optimistes», ce qui «jette un doute sur la viabilité du plan de restructuration financière». L’intermédiaire financier a ainsi maintenu sa recommandation «sous-performance» et son objectif de cours de 0,09 euro sur le titre Atos.
Atos prévoit désormais un chiffre d’affaires de 9,7 milliards d’euros au titre de l’exercice en cours, contre un chiffre d’affaires de 9,8 milliards d’euros attendu précédemment. Les ventes en données organiques, soit à périmètre et taux de change constants, devraient reculer d’environ 4% cette année par rapport à 2023, contre un repli de 3,3% anticipé initialement.
La marge opérationnelle du groupe devrait s'établir à 0,2 milliard d’euros en 2024, soit 2,4% du chiffre d’affaires, alors qu’elle était précédemment attendue à 0,3 milliard d’euros, ou 2,9% des revenus.
Dilution massive en vue pour les actionnaires
Pour 2027, Atos anticipe dorénavant un chiffre d’affaires de 10,6 milliards d’euros et une marge opérationnelle de 1 milliard d’euros, contre des montants de 11 milliards d’euros et 1,1 milliard d’euros attendus respectivement.
Sur le plan de l’endettement, le groupe prévoit désormais d’atteindre un ratio dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) inférieur à 2 fois dans le courant de l’année 2027, contre fin 2026 précédemment. A la fin juin, la dette nette d’Atos s’inscrivait à 4,22 milliards d’euros.
La restructuration d’Atos s’effectuera sous la houlette de Jean-Pierre Mustier, promu en juillet dernier PDG du groupe dont il présidait déjà le conseil d’administration depuis octobre 2023. Sa mise en œuvre «entraînera une dilution massive des actionnaires actuels», a rappelé Atos.
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