AstraZeneca promet croissance et rentabilité pour échapper à Pfizer

Le laboratoire vise 75% de revenus en plus d’ici à 2023. Il veut convaincre investisseurs et classe politique de son potentiel comme groupe indépendant
Yves-Marc Le Réour

Convoité par Pfizer, AstraZeneca s’est livré hier à un véritable plaidoyer pour son indépendance en présentant son plan stratégique à long terme. Il anticipe ainsi un chiffre d’affaires dépassant les 45 milliards de dollars (32,1 milliards d’euros) à l’horizon 2023, en progression de 75% par rapport aux 25,7 milliards de dollars de 2013. La hausse du bénéfice par action sur cette période serait supérieure à celle du chiffre d’affaires, précise le laboratoire britannique. Après une contraction de son activité prévue jusqu’en 2016, une période de croissance «forte et constante» s’établirait par la suite.

«AstraZeneca est en train d’achever sa transformation et dispose désormais de la taille, des priorités et de l'équipe adaptées pour tirer parti de l’un des portefeuilles de produits les plus enthousiasmants de l’industrie pharmaceutique», a souligné le directeur général Pascal Soriot. La croissance du groupe sera surtout tirée par ses traitements contre le diabète et les maladies respiratoires, chacune de ces deux classes thérapeutiques devant rapporter 8 milliards de dollars de revenus en 2023.

Les produits cardiovasculaires et les anticancéreux de nouvelle génération sont également considérés comme prometteurs. Au total, AstraZeneca évalue à 23 milliards de dollars le potentiel maximum des ventes annuelles de ses candidats médicaments. Le groupe mise d’autre part sur la pénétration accrue de pays émergents comme la Chine et sur une présence renforcée au Japon.

Ces perspectives favorables sont destinées à convaincre les investisseurs et la classe politique britannique de l’intérêt de son portefeuille de médicaments. «Toute source créatrice de perturbation peut en puissance détruire de la valeur», a prévenu Pascal Soriot. Alors qu’AstraZeneca emploie près de 7.000 salariés outre-Manche, ses dirigeants et ceux de Pfizer seront convoqués par une commission du Parlement britannique, sans doute la semaine prochaine, afin de défendre leurs projets respectifs.

«Il serait très important de s’assurer que Pfizer s’engage véritablement à préserver l’activité de recherche et développement dans ce pays», a déclaré hier le maire de Londres Boris Johnson, membre du parti conservateur au pouvoir, tandis que les syndicats souhaiteraient voir le gouvernement imposer «un test d’intérêt national» à la transaction envisagée par le groupe américain.

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