Après Ubisoft, Vivendi en panne de plus-values
PARIS (Agefi-Dow Jones)--Le retrait de Vivendi (VIV.FR) du capital d’Ubisoft (UBI.FR) a été très favorable au cours de Bourse de l'éditeur de jeux vidéo, qui a bondi de près de 4% mercredi. En revanche, l’action Vivendi en a relativement peu profité, bien que le conglomérat empoche un gain de plus de 1,2 milliard d’euros, soit une fois et demie sa mise.
En janvier, Vivendi avait déjà enregistré une belle performance sur Fnac Darty (FNAC.FR). Via une opération de couverture, le conglomérat a en quelque sorte sécurisé la plus-value relative à sa participation de 11% au capital du groupe de distribution. L’opération s’est conclue à 91 euros, près de 70% au-dessus du cours d’entrée de 54 euros en 2016.
Trois positions restantes, autant de problèmes
Vivendi a désormais empoché toutes les «lignes» gagnantes de son portefeuille de participations cotées. Mais pour les autres positions, le tableau est loin d'être aussi attrayant. Par rapport au prix de revient mentionné dans le rapport annuel du groupe, le pari sur Mediaset est perdant à hauteur de 17,8% à ce stade. Pour Telecom Italia (TIT.MI), la moins-value ressort à 26%. Et la position sur Telefonica (TEF.MC), heureusement peu significative (moins de 1% du capital), accuse 32% de repli.
La position de Vivendi dans Mediaset est particulièrement délicate en raison du conflit ouvert avec le principal actionnaire du groupe de télévision italien, Fininvest. Les tentatives de médiation ayant échoué, une première audience devant un tribunal italien se tiendra à l’automne. Le pire serait que Vivendi se voie contraint non seulement de revendre ses actions à perte, mais de payer des dommages et intérêts à Fininvest en raison de la rupture de leur accord de 2016. Même si on peut penser que le groupe italien se contenterait d’un montant nettement moindre que les 3 milliards d’euros avancés pour le moment.
Concurrence accrue en Italie
Du côté de Telecom Italia, Vivendi subit une situation plus compliquée qu’il ne pouvait l’envisager à son arrivée au capital. Malgré les importants efforts de réduction des coûts, l’opérateur télécoms souffre de l’annonce de l’arrivée prochaine d’Iliad en Italie et d’une concurrence accrue sur le fixe.
S’agissant de Telefonica, Vivendi s’est engagé auprès de l’autorité de la concurrence brésilienne à céder ses titres à un terme non précisé, du moins tant que le groupe détient à la fois des parts dans Telefonica et Telecom Italia, qui opèrent tous deux sur le marché des télécoms brésilien.
Après en avoir engrangé les gains, il ne reste plus à Vivendi que des pertes latentes sur son portefeuille coté. Face aux critiques qui doutent de la stratégie industrielle de ses différents investissements, le groupe a encore fort à faire s’il veut convaincre du bien-fondé de son ambition de développer son modèle médias-télécoms dans le sud de l’Europe.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT
Réinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface. -
PARTENARIAT« Il faut connecter la data, les métiers et l’intelligence artificielle »
Entretien avec Raphaël Savy, Regional Vice-Président Europe du sud d’Alteryx. -
Deepah Colombel (Crédit Agricole Assurances) : « Il n’y a pas de risque systémique en cours sur la dette privée »
La responsable de l’investissement en dette privée chez Crédit Agricole Assurances revient sur la crise qui entoure certains fonds de dette privée aux Etats-Unis. -
PARTENARIAT« Dans le secteur bancaire, les systèmes cloud pourront répondre aux nouvelles exigences de marché »
Entretien avec Camille de Mari, Directeur Issuing Data Solutions de Visa, pour la France, la Belgique et le Luxembourg.
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes -
PansementImmobilier : le gouvernement cherche la parade pour lutter contre les squats
Le projet de loi Ripost du ministre de l’Intérieur, en discussion la semaine prochaine au Sénat, veut combler le vide juridique concernant les squats dans les locations touristiques. Un bon début -
Pénuries de médicaments : l'UE en passe d'adopter une nouvelle loi pour réduire sa dépendance à l'Asie
Un accord a été scellé cette semaine pour garantir l'accès aux médicaments les plus vitaux. Le texte veut inciter les entreprises à produire en Europe pour contourner les problèmes de fabrication à l'étranger, qui génèrent la moitié des pénuries