Amber Capital veut le départ immédiat du PDG de Nexans
A l’approche de l’assemblée générale de Nexans, le 15 mai prochain, la fronde menée par Amber Capital, quatrième actionnaire du fabricant de câbles, s’intensifie. Le fonds d’investissement, qui s’oppose depuis plusieurs mois à la stratégie menée par le PDG, Frédéric Vincent, s’apprête à écrire aux principaux actionnaires pour leur demander de soutenir son projet de révocation du PDG.
Alors même que le siège d’administrateur de Frédéric Vincent n’est pas en renouvellement cette année, Amber Capital s’apprêtait hier à déposer une résolution mettant fin par anticipation au mandat d’administrateur de Frédéric Vincent. Contacté par L’Agefi, Nexans n’avait hier pas encore reçu cette résolution.
Si cette résolution était adoptée, elle instaurerait de facto une séparation des fonctions de président et de directeur général, ce qu’avait déjà demandé Amber Capital en novembre dernier. Les treize autres administrateurs – dont les nominations de Philippe Joubert, administrateur indépendant, et de Fanny Letier, au titre de Bpifrance devront être approuvées lors de la prochaine AG – devront alors élire un nouveau président. Ils auront ensuite la possibilité de révoquer le directeur général.
Les frondeurs invoquent notamment les mauvais résultats du groupe en 2013, tombé dans le rouge avec une perte nette de 333 millions d’euros, tandis que la marge opérationnelle perdait 0,6 point à 3,6%. Nexans a en outre révisé à la baisse son objectif de marge opérationnelle 2015 à 5,1%-5,7% contre 6,2%-7,1% auparavant. A l’époque, Frédéric Vincent assurait avoir le soutien unanime du conseil d’administration.
Avec de tels résultats, le groupe a, pour la première fois de son histoire, coupé le dividende. De quoi mécontenter les actionnaires. Non seulement, ils ont été très fortement dilués par l’augmentation de capital de 284 millions d’euros de l’automne dernier, mais encore le titre abandonne plus de 35% sur trois ans. Or, son principal concurrent, l’italien Prysmian, se porte beaucoup mieux.
En outre au début du mois, la Commission européenne a infligé une amende de 70,6 millions d’euros à Nexans dans le cadre d’un cartel sur les câbles électriques.
Par ailleurs, des minoritaires, par la voix de Colette Neuville, présidente de l’Adam, dénoncent depuis plusieurs mois le pacte de Nexans avec le chilien Madeco estimant qu’il «a ouvert la porte à une prise de contrôle rampante». Ce dernier détient environ 28% du capital et des droits de vote.
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