Aéroports régionaux, la privatisation s’apprête à décoller
Quoi de plus politique qu’un aéroport ?
Emmanuel Macron, qui s’apprête à lancer la privatisation de ceux de Nice-Côte d’Azur et Lyon, avait sûrement cette question en tête en recevant, mardi et mercredi, responsables et élus des deux régions venus défendre les intérêts locaux.
La privatisation de ces aéroports, via la cession des 60% du capital que l’Etat détient chez chacun d’eux, est tout sauf anodine après les polémiques ayant marqué celle de Toulouse.
On se souvient qu’un consortium d’intérêts chinois, mieux disant financiers avec plus de 300 millions d’euros, l’avait emporté.
Et que cette victoire controversée avait été suivie par la disparition mi-mai du président du consortium, soupçonné de corruption par la justice chinoise.
Sans doute Bercy aura-t-il à cœur d’éviter tout impair. C’est vrai sur le plan des repreneurs.
Les candidats probables comptent de grands noms de l’industrie aéroportuaire, comme Vinci, ADP ou Aéroport de Genève, et de l’investissement, de la Caisse des dépôts au fonds Ardian.
C’est vrai enfin sur le plan financier, puisque l’enjeu pour l’Etat pourrait dépasser 1,5 milliard d’euros.
C’est vrai enfin sur le plan politique. Or les élus des deux régions entendent garder une minorité de blocage sur les décisions stratégiques touchant des équipements aussi importants pour leur avenir.
Il semble, selon la presse régionale, que le ministre ait été sensible à leur demande.
De là à réinvestir localement une partie du produit de la privatisation, il y a un pas qu’il hésiterait à franchir.
Le cahier des charges, publié en début de semaine prochaine, le précisera peut-être.
Une remise des candidatures serait attendue autour du 20 mars pour décision finale au cœur de l’été.
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