Natixis, Sodexo et Edenred contestent les sanctions de l’Autorité de la concurrence
Natixis, Sodexo et Edenred contestent les sanctions annoncées mercredi par l’Autorité de la concurrence pour pratiques anticoncurrentielles dans le secteur des titres-restaurant. Les amendes s'élèvent à 157 millions d’euros pour Edenred et 83,3 millions d’euros pour Natixis Intertitres. Sodexo écope pour sa part de 126,3 millions d’euros, le groupe UP de 45 millions. La Centrale de règlement des titres (CRT), qui assure pour le compte des quatre groupes le traitement et le remboursement des titres-restaurant auprès de leurs clients, est sanctionnée à hauteur de 3 millions.
Natixis et Edenred ont pris acte de la décision de l’Autorité, réfutant chacun dans un communiqué ce qui leur est reproché. « Natixis réfute toute accusation de pratique concertée avec ses concurrents et regrette que l’Autorité de la concurrence n’ait pas tenu compte de ses arguments», a indiqué la banque, qui se dit «extrêmement surprise de cette décision qui lui semble dépourvue de fondement et totalement disproportionnée». Natixis compte faire appel de cette décision.
De son côté, «Edenred réfute catégoriquement les deux griefs reprochés par l’Autorité de la concurrence française». Le groupe va également «faire appel de la décision de l’Autorité de la concurrence devant la Cour d’Appel de Paris, pour en demander l’annulation ». Le groupe « ne partage pas l’analyse de l’Autorité de la concurrence, notamment son appréciation du caractère concurrentiel du marché français des titres-restaurant », a indiqué Edenred dans un communiqué. De son côté, Sodexo conteste fermement la décision de l’Autorité de la concurrence et entend faire également appel.
Selon l’Autorité de la concurrence, « ces acteurs ont méconnu le droit de la concurrence en mettant en place des pratiques constitutives d’entente », a-t-elle souligné dans un communiqué.
Il est reproché à Edenred France, Up, Natixis Intertitres et Sodexo Pass France d’avoir échangé tous les mois entre 2010 et 2015, par le biais de la CRT, des informations commerciales confidentielles portant sur leurs parts de marché respectives, « ce qui a permis de restreindre la concurrence entre eux », a précisé l’Autorité.
D’autre part, entre 2002 et 2018, Edenred France, Up, Natixis Intertitres et Sodexo Pass France « ont adopté une série d’accords ayant pour objet de verrouiller le marché des titres-restaurant en contrôlant l’entrée de nouveaux acteurs et en s’interdisant réciproquement de se lancer dans l'émission des titres dématérialisés », a ajouté le gendarme de la concurrence.
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe renforce la protection de son marché de l’acier
Le dernier train de mesures arrivant à échéance, les institutions européennes ont décidé de renforcer les droits de douane et les contingents d’importation afin d’assurer la survie des aciéristes du Vieux Continent. -
L’acier s’enfonce dans une crise de surproduction
L’équilibre de l’offre et de la demande d’acier est complètement faussé, conduisant les Etats à intervenir encore davantage par des subventions ou des mesures de protection de leur marché. Un cercle vicieux. -
Pluxee et Edenred sont visés par une nouvelle enquête anticoncurrentielle au Chili
Les spécialistes des titres-restaurant font l'objet d'une procédure pour de présumées conduites anticoncurrentielles dans le pays.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Seul en scèneAffaire Lyhanna : Gérald Darmanin peut-il tenir ?
Sur la sellette depuis une semaine, le garde des Sceaux campe sur sa ligne de défense, pointant les responsabilités individuelles dans cet échec judiciaire. Mais la pression va crescendo, à la mesure de la colère des Français -
Comparaisons n'est pas (toujours) raisonJustice : le manque de moyens a bon dos
EN CHIFFRES. Malgré une hausse notable des crédits et des effectifs sous Emmanuel Macron, la justice française peine à rattraper son retard numérique et reste à la traîne en nombre de magistrats face à ses voisins européens -
StatistiqueDates de la présidentielle 2027 : Emmanuel Macron n'est pas encore en retard
Les Français voteront-ils le 11 avril et le 25 avril 2027 ? Ou bien le 18 avril et le 2 mai ? Emmanuel Macron n'a pas encore tranché, mais certains de ses prédécesseurs ont pris plus de temps que lui