Nasdaq OMX organise la riposte pour arracher NYSE à Deutsche Börse
Nasdaq OMX compte bien porter haut l’étendard américain. Des sources concordantes, l’opérateur boursier pourrait lancer dès cette semaine une contre-offre hostile sur son concurrent NYSE Euronext, qui est actuellement la proie du géant boursier allemand Deutsche Börse. Nasdaq OMX aurait réussi à gagner le soutien de son conseil d’administration et serait actuellement en train d’étudier avec notamment Bank of America et Evercore les moyens de financer son offre. Le Wall Street Journal évoque la possibilité d’une émission de quelque 5 milliards de dollars, alors que le groupe aurait déjà contacté des investisseurs du Moyen-Orient.
L’opérateur compte sur le soutien de l’opérateur boursier d’Atlanta, ICE, pour s’emparer des activités de marchés dérivés de NYSE basées à Londres (le Liffe), dont la valeur est estimée à environ 5 milliards de dollars et qu’il ne pourrait pas financer seul. Les deux opérateurs comptent en outre sur la possibilité d’une opposition des autorités européennes à l’accord entre NYSE et Deutsche Börse.
L’annonce du rachat de NYSE par un groupe allemand avait soulevé un élan de patriotisme outre-Atlantique. Et de fortes pressions s’étaient exercées pour qu’un accord soit trouvé entre le Nasdaq et le Chicago Mercantile Exchange (CME) pour arracher le NYSE aux mains allemandes. Mais ce dernier aurait finalement renoncé à l’opération. Même si la plupart des actionnaires de Deutsche Börse sont américains, David Weild, responsable du conseil sur les marchés de capitaux chez Grant Thornton, et ancien vice-président du Nasdaq, explique que «il y a un sentiment qui s’apparente au patriotisme en nous qui nous fait espérer une acquisition du NYSE par le Nasdaq, afin qu’il reste dans des mains américaines».
Mais l’opération reste à haut risque pour l’opérateur américain. Deutsche Börse a le droit de s’aligner sur n’importe quelle contre-offre faite par un concurrent. Les autorités américaines de la concurrence pourraient en outre rejeter un éventuel accord du fait de la taille écrasante que constituerait le nouveau groupe. Sans compter le risque de payer des indemnités de rupture (elles se montent à 250 millions dans le cas de l’accord NYSE-Deutsche Börse). Enfin, Standard & Poor’s a prévenu qu’il pourrait dégrader la note du Nasdaq si le groupe réalisait «des acquisitions en numéraire de sociétés fortement capitalistiques».
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