L’inflation en zone euro ralentit mais sa trajectoire reste incertaine
L’inflation harmonisée (HICP) en zone euro a certes décéléré un peu plus que les 9,7% attendus en décembre grâce aux prix de l’énergie, à 9,2% sur un an après 10,1% en novembre selon la première estimation publiée vendredi par Eurostat. Mais l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) accélère pour sa part, à 6,9% sur un an après 6,6% en novembre, ce qui devrait encourager la Banque centrale européenne (BCE) à poursuivre la remontée de ses taux dans les mois à venir.
Les prix de l’énergie restent le principal moteur de la hausse des prix mais leur envolée a ralenti, à 25,7% par rapport à décembre 2021 après un bond de 34,9% en novembre.
La hausse des prix de l’alimentation (avec alcool et tabac) s’est en revanche accélérée à 13,8% sur un an (après 13,6%), comme celle des biens industriels hors énergie à 6,4% (6,1% en novembre) et celle des services à 4,4% (4,2% en novembre).
Aides temporaires
Les estimations HICP par pays ont apporté les meilleures surprises en Allemagne (9,6% après 11,3%), en Espagne (7,6% après 8,8%), au Portugal (9,8% après 10,2%) et en France (6,7% après 7,1%), mais le plus souvent grâce au ralentissement des prix de l’énergie. L’amélioration est en revanche très ténue pour l’Italie (12,3% après 12,6%), et aux Pays-Bas (11% après 11,3%) où elle avait été remarquable en novembre.
La hausse générale des prix a aussi reflué grâce aux mesures d’aides des gouvernements mais qui ne sont pas amenées à durer, ce qui pourrait entraîner une nouvelle poussée de l’inflation en janvier ou après l’arrêt des boucliers énergétiques qui ont été prolongés pour le premier semestre. D’où les inquiétudes de la BCE.
Plus d'articles du même thème
-
Les hedge funds ont recommencé à vendre l’euro à découvert
L’euro a touché lundi un plus bas depuis mai 2025, quand la région pouvait sembler affaiblie par les droits de douane imposés par le président Donald Trump. Entre les problèmes budgétaires de la France et la hausse des taux plus générale liée au pétrole, une équation plus compliquée se dessine pour la zone euro à court terme. -
La vague de privatisations des banques nationalisées pendant la crise touche à sa fin
Alors que l’Etat néerlandais approche de la fin du processus de vente de ses parts dans ABN Amro, le nombre de banques encore détenues par des Etats à la suite d'une nationalisation est désormais réduit à peau de chagrin. -
La France a encore des raisons de croire en son économie
Certains économistes essaient de prendre du recul par rapport au pessimisme ambiant en France. Stéphane Colliac, chez BNP Paribas, rappelle notamment une série d’avantages structurels devant permettre de soutenir la croissance.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Alea jacta estPrimaire de la gauche : les trois questions qui se posent avant le premier tour
Au jeu des pronostics, Raphaël Glucksmann fait la course en tête, mais les quelque 140 000 inscrits pour le premier tour, qui aura lieu vendredi et samedi, gardent le suspense entier -
VagueletteMidterms aux Etats-Unis : le raz-de-marée socialiste n'a pas vraiment eu lieu
Malgré la victoire des poulains de Zohran Mamdani lors des primaires, l'aile socialiste est minoritaire au sein des candidats démocrates à la Chambre des représentants. Selon une analyse de l'Opinion, le parti, à quelques semaines des midterms, reste majoritairement modéré -
Carrière et leadershipRémunérations : la transparence, ce ne sera finalement pas pour tout de suite…
Malgré le retard, François Yang, avocat spécialiste de droit du travail chez Capstan, conseille aux entrepreneurs de se saisir dès maintenant du sujet pour éviter conflits. Un chantier de plus pour 2027