L’Europe cherche à éviter l’escalade sur le commerce
Jean-Claude Juncker réussira-t-il là où avant lui, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont échoué ? Chargé de déminer les relations commerciales avec les Etats-Unis, le président de la Commission européenne a précisé avant de partir pour Washington qu’il n’avait aucun mandat de négociation particulier. «Il n’y a en effet rien à négocier, puisque les sanctions américaines, fondées sur l’article 232, sont illégales au regard de l’OMC», confirme Michel Petite, avocat associé chez Clifford Chance. Il ne s’agit pas pour autant d’un voyage d’agrément : la dernière menace américaine en date vise les importations automobiles, qui représentent un peu plus de 50 milliards d’euros par an. Les premières sanctions visant l’acier et l’aluminium ne portaient que sur 6,5 milliards d’euros d’importations.
Les industriels américains, épaulés par les organisations syndicales, ont pourtant exprimé leur opposition au projet lors d’auditions devant le Congrès. Dans sa production quotidienne de «tweets», Donald Trump ne semble pas tenir grand cas des critiques. «Soit un pays qui a traité les États-Unis de manière injuste sur le commerce négocie un accord équitable, soit il est frappé par les tarifs», a-t-il déclaré à la veille de la rencontre avec Jean-Claude Juncker. L’Union européenne se prépare déjà au pire, sans doute dès le mois d’août, et compte bien répondre de manière proportionnée.
En matière d’accord commercial, le département du Commerce américain a fait des déclarations en faveur d’un «TTIP allégé» - plus modestement un accord tarifaire global dans l’industrie et les marchés publics -, un sujet que la Commission déclarait au mois de mai 2018 ne pas vouloir examiner tant que des droits de douane s’appliqueraient à l’acier et l’aluminium européens. La question sera néanmoins au menu afin de clarifier une position américaine encore floue, selon les observateurs. Pour éviter une escalade «à la chinoise», l’UE pourrait assouplir sa position. «L’acier et l’aluminium sont un dossier clair et bordé. Les droits de douane sont appliqués, l’UE a répondu par des mesures de rétorsion et ouvert une procédure devant l’OMC», explique Michel Petite.
La rencontre pourrait néanmoins se conclure par un signal positif. Les Etats-Unis seraient en effet en passe de se rapprocher de la position de la Commission sur le sujet épineux du système de règlement des différends, en panne depuis de nombreux mois. Mais sur toutes les questions liées au commerce, Donald Trump conserve le privilège du mot de la fin.
Plus d'articles du même thème
-
L’Eurogroupe s’inquiète à nouveau pour la zone euro
L’Eurogroupe réuni vendredi à Dublin a débattu des inquiétudes actuelles autour du choc énergétique et de la hausse des taux. Ainsi que de l’urgence d’améliorer la compétitivité et la productivité, dont l’Union des marchés de capitaux. Son président a aussi appelé à relancer l’Union bancaire. -
Kevin Warsh a plutôt rassuré les marchés
Le nouveau président de la Fed n’a pas déçu les attentes d’une hausse de taux après son revirement «restrictif» de Jackson Hole. De quoi renforcer sa crédibilité malgré les tweets toujours contradictoires de Donald Trump. Les autres membres du FOMC affichent encore pour la suite une certaine prudence, qui devrait quand même les amener à une hausse de taux supplémentaire jusqu’à 4,25%. -
Les banques saluent les pistes de la Commission pour simplifier les règles européennes
La consultation sur l’union de l’épargne et de l’investissement et la compétitivité du secteur bancaire européen qui se termine ce 17 septembre a eu beaucoup de succès. Les acteurs de la Place n’ont pas hésité à commenter et abonder dans le sens des propositions de la Commission.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa veut passer à l’échelle dans l’IA
- En plein défi réglementaire, Revolut fait face à une cyberattaque
Contenu de nos partenaires
-
France Inter : Charles Sapin renonce à y intervenir à la suite de la suppression de son édito par la direction
Directeur adjoint de la rédaction de « Valeurs actuelles », Charles Sapin a indiqué qu’une séquence de débat était envisagé suite à la suppression de son édito sur France Inter, sous pression des grévistes et syndicalistes. Il a refusé l’offre -
Arabie saoudite : des flammes et de la fumée noire visibles près de l'aéroport de Riyad
Des flammes et de la fumée noire s’élevaient dans les environs de l’aéroport international de Riyad, samedi 19 septembre. D’après Flightradar24, de nombreux vols sont annulés ou retardés. Deux fortes explosions ont eu lieu dans la nuit, après une alerte des autorités prévenant d’une « menace aérienne hostile » -
La stratégie du gouvernement pour faire avaler son budget
Montrer aux marchés que la France agit, aux Français que tout le monde doit faire des efforts, aux oppositions qu'elles n'ont pas intérêt à bloquer ce budget : le Premier ministre cherche à relever ce triple défi