Les tensions commerciales minent les perspectives du FMI
L’économie mondiale devrait continuer de croître de 3,7% ces deux prochaines années, à moins que les Etats-Unis ne mettent leurs menaces commerciales à exécution.
Publié le
Bastien Bouchaud
Le FMI a réduit de 0,2 point ses prévisions de croissance mondiale pour 2018 et 2019.
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Les difficultés des pays émergents, la forte remontée des prix du pétrole et le ralentissement économique en Europe ont tous pesé sur les perspectives économiques du Fonds monétaire international (FMI) pour 2018, mais à partir de 2019, les tensions commerciales deviennent l’un des principaux freins à la croissance mondiale. Pour ces deux années, le FMI a réduit de 0,2 point ses prévisions de croissance mondiale, à 3,7% par an, comme en 2017. La zone euro voit sa prévision se réduire d’autant, à 2% en 2018, du fait d’une réduction de 0,3 point pour l’Allemagne et de 0,2 point pour la France, à respectivement 1,9% et 1,6% de croissance. En 2019 en revanche, les révisions à la baisse concernent surtout les Etats-Unis et la Chine, pour 0,2 point chacun, à respectivement 2,5% et 6,2% de croissance. «Les impacts de la politique commerciale et de l’incertitude deviennent visibles au niveau macro-économique, tandis que des témoignages s’accumulent sur les conséquences néfastes pour les entreprises», a souligné l’économiste en chef du FMI, Maurice Obstfeld.
Les perspectives du FMI, publiées cette nuit, incorporent les effets des tarifs douaniers déjà mis en place, en particulier la hausse de 10% des droits de douane américains sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises, et leur relèvement à 25% au 1er janvier 2019, ainsi que la réponse chinoise. Pour estimer l’impact des tarifs menacés mais non mis en œuvre, le FMI a publié les résultats de ses simulations, et à l’instar des travaux de la BCE, le résultat n’est pas aussi favorable aux Etats-Unis que ne voudrait le croire Donald Trump. L’impact est pour le moment limité mais déjà significatif pour les Etats-Unis comme la Chine, à plus de 0,2 point de PIB sur le long terme. Il double avec la mise en place des tarifs additionnels entre les deux pays, note le FMI, pour qui le risque le plus important tient aux tarifs douaniers sur l’automobile.
Si Washington devait effectivement taxer à 25% l’ensemble des automobiles et pièces détachées, et ses partenaires commerciaux répondre en conséquence, le PIB américain serait inférieur de plus de 1 point de PIB sur le long terme, avec un impact important dès les premières années, accentué dès lors que les effets sur la confiance des investisseurs sont pris en compte. En zone euro, la baisse du PIB sur le long terme serait quant à elle limitée à moins de 0,1 point.
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