Les marchés progressent malgré l’incertitude sur l’élection américaine
Le scénario d’un scrutin serré entre Joe Biden et Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche était considéré par beaucoup comme le pire. A ce stade, même si le président américain sortant a rapidement proclamé sa victoire mercredi matin, les deux candidats restent au coude-à-coude. Malgré cette situation, qui pourrait durer plusieurs jours, certains Etats clés n’auront terminé le comptage des votes qu’en fin de semaine, voire des semaines en cas de contestation, les marchés actions sont repartis à la hausse, après un début de séance hésitant.
Vers 13h30, les places boursières accentuent même leur avance, alors que les investisseurs anticipent une ouverture dans le vert à Wall Street. A Paris, l’indice CAC 40 progresse de 0,9% tandis qu’à Francfort le Dax 30 gagne 0,6%. L’Euro Stoxx 50 progresse de 0,5%. A Wall Street, les futures sur le S&P 500 anticipent une hausse de 1,1% tandis que le Nasdaq pourrait gagner plus de 2% à l’ouverture. « L’élection américaine a été un élément d’incertitude pour les marchés ces derniers mois. Là on est proche de l’issue même si le résultat n’est pas encore définitif », souligne Samy Chaar, chef économiste chez Lombard Odier pour qui cela justifie la réaction positive du marché ce matin, même s’il faudra attendre la direction du marché américain pour la confirmer. Car l’évolution des marchés ce matin est plus hésitante qu’il n’y paraît. « Après deux séances de forte hausse, les investisseurs semblent marquer une pause et évaluent les différents scénarios possibles », note Stéphane Monier, directeur des investissemnts chez Lombard Odier.
Et des scénarios il y en a trois désormais, alors que celui joué par les marchés ces derniers jours, celui d’une «vague bleue», avec une victoire de Joe Biden et des démocrates y compris au Sénat, est moins probable. Les autres scénarios sont ceux d’une victoire de Joe Biden ou de Donald Trump avec un Congrès divisé et celui d’une élection contestée, notamment par le président sortant qui a déjà prévenu qu’il porterait l’affaire devant la Cour Suprême.
Pour l’heure, selon plusieurs décomptes, le candidat démocrate est devant avec entre 224 et 238 grands électeurs contre 213 pour Donald Trump. Plusieurs Etats clés du Nord Est des Etats-Unis (Michigan, Wisconsin et surtout Pennsylvanie) devraient donner la victoire à l’un ou l’autre.
Interrogations sur le plan de relance
Pour les investisseurs, l’un des enjeux de cette élection est la possibilité d’avoir ou non un vaste plan de relance, promis par les démocrates à hauteur de 2.000 milliards de dollars mais auquel les républicains sont opposés (500 milliards proposés). Or dans le contexte actuel de crise économique et sanitaire, alors que le pays pourrait être touché à son tour par une deuxième vague de Covid-19, ce soutien semble nécessaire pour soutenir l’économie.
« Il est d’ores et déjà certain que le blocage constitutionnel va perdurer, avec un Sénat probablement républicain, et un Congrès démocrate, forçant de nouveau à une cohabitation. Il est également certain qu’un plan de relance est inéluctable au vu des perspectives macroéconomiques américaines. Mais, du fait de la cohabitation, il ne pourra être aussi massif que prévu même si Joe Biden est élu », explique Franck Dixmier, global CIO fixed income d’Allianz Global Investors.
C’est, selon lui, « le message envoyé par le rallye des Emprunts d’Etats américains par rapport aux plus hauts de la nuit ». Le taux à 10 ans américain se détend de 8 points de base, à 0,8%, après un pic à 0,94% dans la nuit.
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