Les marchés doutent que l’Opep puisse relever les prix du pétrole
Les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se réunissent demain à Vienne pour discuter d’une possible extension de leur accord de réduction de la production, avec l’objectif de faire redescendre les stocks de brut mondiaux. Comme pour le dernier accord de 1,8 million de barils par jour, en vigueur depuis le 1er janvier, des pays non membres du cartel devraient s’associer au compromis, au premier rang desquels la Russie. Une première annonce commune de l’Arabie saoudite et de la Russie a largement préparé les marchés à une extension de l’accord, d’ores et déjà reflétée dans les prix avec une hausse de 6,3% en une semaine, à 54 dollars le baril de Brent de la mer du Nord.
«Une prolongation de l’accord semble actée et un consensus se dessine pour une extension de neuf mois», souligne Benjamin Louvet, gérant matières premières chez OFI AM. A la suite de Riyad et Moscou, d’autres membres de l’Opep ont indiqué qu’ils soutiendraient une extension jusqu’en mars 2018, notamment l’Irak qui semblait un temps faire obstacle. Ce résultat étant intégré dans les prix, en l’absence d’éléments supplémentaires, des prises de bénéfices sont probables à l’issue de la réunion. «Le marché aurait besoin de plus pour vraiment monter, d’une accentuation des coupes ou de l’association de nouveaux pays», note Benjamin Louvet.
Le scepticisme des marchés se reflète également dans les positions spéculatives sur une hausse des cours, en baisse depuis quatre semaines d’après les données de la Commodity Futures Trading Commission et à leur plus bas depuis début novembre. «Contrairement au net rebond vu fin novembre, lorsque l’accord a été annoncé, les prix du pétrole ont réagi modestement jusqu’à présent, observe Norbert Ruecker, en charge de la recherche macroéconomique chez Julius Baer. L’accueil mitigé réservé aux dernières annonces montre que la foi dans la stratégie de l’Opep s’érode.»
La capacité des producteurs américains de pétrole de schiste à faire croître leur production a surpris les marchés, l’Opep et l’AIE ayant récemment relevé leurs estimations de hausses de la production sur l’année. Pour autant, de nouvelles surprises sont peu probables, «du fait notamment de l’inflation des services parapétroliers», explique Benjamin Louvet. «La production de pétrole de schiste joue le rôle de plafond pour les prix du pétrole, mais c’est un plafond mouvant». D’après lui, le pétrole devrait terminer l’année autour des 55-60 dollars le baril.
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