Les gérants parient sur une remontée des taux
Après une pause début septembre, les 23 sociétés du Panel Taux-Changes de L’Agefi interrogées la semaine dernière ont repris leurs prévisions en hausse sur les taux longs, notamment pour le Royaume-Uni. Les raisons de la forte remontée des Gilts 10 ans, de 0,68% à 1,01% sur le mois écoulé, sont probablement à regarder davantage du côté des anticipations d’inflation et du resserrement monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) que des certitudes autour de la dynamique britannique. Résultat : six panélistes anticipent une remontée du taux directeur de 0,10% à 0,25% d’ici à six mois. Pour Carmignac et CPR AM, ce serait même dès début 2022, tandis que BNP Paribas AM croit en une remontée à 0,50% à six mois. La moitié des analystes interrogés estiment que les taux à 10 ans dépasseront alors 1,15%. CPR AM, avec une projection à 1,40%, et La Française AM, qui voit les Gilts 10 ans encore à 0,90%, se distinguent.
Par comparaison, la bonne résistance de la zone euro amène les gérants à voir le taux du Bund rebondir à -0,14% dans trois mois, après -0,22% le 1er octobre et -0,38% le 1er septembre. BBVA et Groupama l’imaginent même repasser en territoire positif, alors que les autres attendraient plutôt la fin du premier trimestre 2022. Les recherches de Bank of America et Crédit du Nord ne semblent pas de cet avis, de même que La Française AM.
La prudence de certains semblent déteindre sur l’ensemble lorsqu’il s’agit des taux américains. Mis à part BFT IM, Federal Finance, Groupama, Lazard, Ofi AM et surtout Deutsche Bank - la majorité semble hermétique à la récente remontée des 10 ans américains, de 1,30% à 1,49% sur le mois, et n’augmente pas ses prévisions à trois mois. La banque centrale se trouve coincée par «l’inflation temporaire qui dure», et le message de la Fed en faveur du «tapering» dès novembre et d’une remontée du taux directeur mi-2022 doit être confirmé par les chiffres de croissance et d’emploi. Le retard pris sur les questions budgétaires pèse aussi certainement sur les prévisions.
Dans cette phase d’incertitude, la volatilité remonte autour des devises. Peu sont ceux qui voient la livre sterling progresser en lien avec la hausse des taux attendue – huit panélistes anticipent même clairement sa dépréciation face à l’euro dans six mois. Et alors qu’ils semblent proportionnellement plus optimistes pour la zone euro, les panélistes voient plutôt la monnaie unique se stabiliser ou diminuer face au dollar.
{"title":"","image":"242908»,"legend":"","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
«L’euro peut connaître une période de faiblesse prolongée»
Stefano Fiorini, responsable des fonds global fixed income chez Generali Investments. -
L'IA secoue les devises
Retrouvez le coup d'oeil hebdomadaire de DeftHedge sur le marché des changes. -
L’AIE anticipe des tensions durables sur le diesel
L’Agence internationale de l’énergie a alerté sur le risque de persistance des tensions sur le marché du diesel jusqu’à mi-2027, dans son dernier rapport mensuel.
ETF à la Une
VanEck a collecté plus de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année pour sa gamme d’ETF Ucits
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
Contenu de nos partenaires
-
Quoi de Neuf dans l’actualité Lifestyle du 19 octobre ?
Baccarat confie ses icônes à des designers contemporains, deux experts décryptent les recettes business des grands chefs, J.M. Weston poursuit sa complicité avec l’Opéra national de Paris… La rédaction vous livre un florilège des dernières actualités lifestyle. -
Défaillances« On a perdu le contrôle » : après le chaos, Emmanuel Macron et Laurent Nuñez sous un déluge de critiques
Le chef d'Etat a refusé la démission de son ministre de l'Intérieur, qui a reconnu ce lundi une « perte de contrôle » de l'autorité publique dans plusieurs villes, le 17 octobre. Les deux hommes sont ciblés par l'ensemble de l'échiquier politique. -
Pays ruinéPrésidentielle : à qui profite le chaos ?
Le dispositif de maintien de l’ordre a failli. Le Premier ministre ne répond que sur le terrain politique. Le Président appelle au calme. Jean-Luc Mélenchon continue à conflictualiser. Marine Le Pen cherche à gagner sur les deux plans, l’ordre et le social