Le dollar sort gagnant de la remontée des taux et des risques
La hausse du billet vert, quasi-certaine pour 2022, pourrait connaître un ralentissement cet automne.
Publié le
Fabrice Anselmi
La surabondance d’épargne mondiale devrait converger vers le dollar, alimentant sa hausse.
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Crédit Thomas Breher/Pixabay
C’est peu de dire que la dernière réunion de la Fed le 22 septembre a été un tournant : sur les promesses de «tapering» en novembre et de relèvement des taux en 2022, les taux américains ont remonté la pente descendue depuis juin, et le dollar a repris sa course en avant. L’indice DXY face à un panier de devises est passé de 93 à 94,4 en une semaine, un niveau plus atteint depuis juin 2020. Outre son avantage sur les monnaies émergentes, le billet vert a gagné 1,50% face au yen, 1,40% à la livre et 1,20% à l’euro – seule la parité avec le yuan a résisté.
«Les chances que le dollar reparte à la hausse augmentent avec la confiance du marché dans le resserrement monétaire (…). J’ai du mal à voir comment nous en sortirons sans hausse du dollar, et cette trajectoire, avec un cours du pétrole Brent supérieur à 80 dollars/baril, peut faire craindre de l’inflation pour les marchés européens», note Kit Juckes, stratégiste change chez Société Générale CIB, évoquant la cassure d’un seuil psychologique pour l’euro-dollar (1,156 jeudi soir). «Il y avait plutôt un seuil ‘technique’ autour de 1,165, comme il y en a potentiellement un dans le sens inverse autour de 112 yens par dollar», indique Nordine Naam, stratégiste forex de Natixis.
Evergrande, ralentissement en Chine, incertitudes budgétaires : le contexte économique a pu renforcer le statut de «valeur refuge» du billet vert. «Mais en dehors de ça, sa remontée face à l’euro paraît un peu difficile à expliquer alors que les vaccinations et la reprise économique sont plus convaincantes que prévu en zone euro. Le marché semble vouloir effacer le mouvement de la monnaie unique depuis 2020, et, un peu comme en 2014, recorréler la hausse des taux américains avec le dollar, ce qui paraît prématuré tant les incertitudes restent importantes», poursuit Nordine Naam.
Il estime que les positions «longues» sur le dollar ont dû s’accroître après la réunion de la Fed, ce qui suggère que le marché est passé «vendeur» sur l’euro, une tendance qui ne devrait pas durer car les fondamentaux restent positifs en termes de croissance, «et le spread de taux réels EU-US plutôt en faveur d’un euro plus fort», qu’il voit revenir autour de 1,17 dans trois mois, avant un retrait vers 1,14 avec les hausses des taux mi-2022. «La surabondance d’épargne mondiale devrait être attirée vers le dollar, qui peut surperformer la majorité des autres devises sur l’année à venir, mais pourrait commencer ce mouvement plus tôt qu’attendu», juge de son côté Kit Juckes.
La hausse du taux directeur de retour à 4,35% - la troisième en trois mois - annule précisément les trois baisses effectuées en février, mai et août 2025. Ce resserrement monétaire, motivé par une hausse de l’inflation sous-jacente et globale, distingue la Reserve Bank of Australia (RBA) de la plupart des autres banques centrales.
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