Les cessions en capital-investissement continuent de battre des records
Le deuxième trimestre n’est pas encore terminé que le montant des cessions réalisées par les fonds de capital-investissement à travers le monde établit un record. Selon Private Equity Intelligence (Preqin), il culmine à 85 milliards de dollars à la date du 24 mai. Le chiffre atteignait 77,3 milliards un an plus tôt, pour l’ensemble du trimestre. Il s’agit non seulement d’un montant historique à cette période de l’année, mais aucun trimestre n’a jamais atteint un tel niveau. Le précédent record était tout récent, datant de l’automne 2010 (81,3 milliards de dollars, pour 325 sorties).
«Au cours des derniers trimestres, nous avons assisté à un regain d’activité dans les cessions. Les montants ont atteint des niveaux inégalés, les gérants profitant des conditions de marché pour céder des actifs acquis durant la période de boom des LBO (acquisitions à effet de levier) et dans la foulée de la crise financière», explique Manuel Carvalho, l’un des directeurs du département des opérations de capital-investissement.
Le marché a été porté par quelques grosses opérations, puisque les 85 milliards ont été atteints à travers 201 cessions seulement. La plus importante fut la vente pour 9,6 milliards d’euros du suisse Nycomed, détenu par Nordic Captial, DLJ Merchant Banking et Avista Capital, au groupe pharmaceutique japonais Takeda. La deuxième opération en montant a été réalisée par un consortium composé de BlackRock, First Reserve et GIC, qui a cédé ses parts dans Glencore à l’occasion de l’introduction en bourse du négociant suisse de matières premières Glencore. Vient ensuite la plus grosse cession réalisée en Amérique du Nord: celle de Skype, vendu par un autre consortium au géant informatique Microsoft pour 8,56 milliards de dollars.
Cela explique que les sociétés européennes – une fois n’est pas coutume – constituent le gros du bataillon des cessions. Le Vieux Continent a cumulé 58 milliards de dollars entre le 1er avril et le 24 mai, soit cinq fois plus qu’au deuxième trimestre 2010. Outre-Atlantique, le montant n’atteint que 23,7 milliards. «Les sorties représentent l’essentiel de l’activité des gérants de private equity. Mais leur multiplication devrait faciliter les levées de fonds, aux conditions encore difficiles. Le capital est progressivement rendu aux investisseurs et va être réalloué à de nouveaux véhicules, si les investisseurs maintiennent leur allocation en faveur de cette classe d’actifs», estime Manuel Carvalho.
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