Le rendement de l’obligation souveraine a touché un nouveau plus haut depuis 2007, un peu plus d’une semaine avant la réunion de la Fed. De son côté, l’Euro Stoxx 50 est tombé temporairement sous 4.000 points.
La Fed tiendra sa prochaine réunion de politique monétaire le 1er novembre
-
Photo Bloomberg
Cette fois, le seuil symbolique a été dépassé. Après l’avoir approché de très près la semaine dernière, le rendement de l’obligation souveraine américaine à 10 ans a grimpé au-dessus de 5% lundi 23 octobre en fin de matinée. Vers 11h30, il a touché un nouveau record de plus de seize ans, à 5,02%, avant de se détendre.
Cette nouvelle hausse des Treasuries à 10 ans survient alors que la banque centrale américaine, la Fed, est entrée en période de silence («quiet period») à un peu plus d’une semaine de sa prochaine réunion de politique monétaire, le 1er novembre. Selon l’outil FedWatch de CME Group, la probabilité de voir la Fed laisser ses taux inchangés à cette occasion s’élèvait à 98,4% lundi peu avant midi, contre 94,8% une semaine plus tôt. Il existe même une très faible chance (1,6%) pour que la banque centrale les réduise de 25 points de base (pb) dans la fourchette 5%-5,25%.
Une probabilité d’un tiers
Un nouveau durcissement de la politique monétaire américaine n’est pour autant pas tout à fait exclu dans les mois qui viennent. Toujours selon FedWatch, la probabilité que les taux soient relevés à 5,5%-5,75% en décembre, soit 25 pb de plus qu’aujourd’hui, est de 24,2%, contre 20% vendredi dernier. La probabilité d’une hausse d’ici fin janvier est même de 35%, contre 28% en fin de semaine dernière.
Selon Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank, les discours des membres de la Fed la semaine dernière, et notamment celui de son président Jerome Powell, «ont eu un impact important sur les taux» même s’ils «n’ont pas dit grand-chose qui alimente le débat sur la question de savoir si la Fed a fini et, si oui, combien de temps [les taux] resteront à ces niveaux». Le spécialiste de la banque allemande a néanmoins du mal à expliquer pourquoi les rendements ont tant bougé ces derniers jours. «Peut-être que la partie longue continue d'être affectée par l’offre, les craintes budgétaires américaines (y compris peut-être un financement supplémentaire pour Israël) et les inquiétudes concernant l'évolution du prix du pétrole», tente Jim Reid.
Peu avant midi, le Bund allemand à 10 ans avançait de 8 pb, à 2,96%, à un plus haut depuis le début du mois sans toutefois renouer avec les 3% franchis temporairement le 4 octobre. A 4,97%, le BTP italien à même échéance est sous son récent plus haut établi le 19 octobre, au-dessus de 5%. L’OAT française affiche un rendement de 3,58% après avoir franchi les 3,6% les 4 et 19 octobre derniers.
De leur côté, les Bourses européennes ont débuté la séance dans le rouge avant de se reprendre en même temps que les taux souverains se détendaient dans le courant de l’après-midi. Au passage, l’Euro Stoxx 50 a toutefois perdu temporairement le seuil des 4.000 points, pour la première fois depuis mars.
La vague d’émissions obligataires d’entreprises de la tech ne faiblit pas. Outre les hyperscalers, des sociétés comme SAP ou RELX Group, dans la tourmente en début d’année à cause des craintes de disruption liées à l’IA, inondent également le marché.
Pour s'assurer le monopole de l'introduction en Bourse historique de SpaceX, le Nasdaq a bousculé ses propres critères de sélection sur son indice phare. En modifiant ses règles sur mesure pour une entreprise lourdement déficitaire, l’institution privilégie son activité commerciale de place boursière au détriment de son rôle de fournisseur d'indices, estime Denis Alexandre. Ce conflit d’intérêts inédit fait peser un risque systémique sur l'épargne passive.
Portés par l’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran et le regain d’euphorie sur l’IA, les marchés actions sont au plus haut, tandis que la réduction des craintes de stagflation a soutenu les marchés de taux. Le pétrole a chuté de près de 20%.
Le fonds coté multi-actifs géré activement vise à offrir une diversification du capital à long terme, au-delà des actions et obligations traditionnelles.
Le Pentagone a fermé son service de presse le 1er juin, interdisant l’accès des journalistes à ses locaux. Une situation loin d'être surprenante, qui reste très alarmante pour Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières