Le taux à dix ans américain est à un plus haut depuis 2007
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photo Pixabay.
Les sommets sont gravis les uns après les autres. Après avoir été franchi par l’obligation souveraine à 30 ans le 4 octobre dernier, le seuil des 5% a été effleuré dans la nuit de jeudi à vendredi par le taux américain à dix ans. Peu après minuit, il a grimpé jusqu'à 4,999%. Un niveau plus vu depuis mai 2007, à la veille de l'éclatement de la crise financière qui a plongé le monde développé dans une décennie de taux bas.
En Europe, le Bund allemand à 10 ans n’a pas renoué avec le seuil des 3% touché subrepticement le 4 octobre dernier.
La solidité de l'économie américaine et les récents discours de certains membres de la banque centrale américaine (Fed) poussent les investisseurs à anticiper le maintien des taux directeurs à un niveau élevé pour longtemps. Jeudi soir, le président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué que les conditions financières «se sont resserrées significativement dans les récents mois» ce qui «pourrait être interprété comme une diminution de la nécessité pour la Fed d’agir», remarque Jim Reid, stratégiste à Deutsche Bank, dans une note.
Une hausse en décembre ?
Mais Jerome Powell a ensuite estimé que «de nouvelles preuves d’une croissance durablement supérieure à la tendance, ou que les tensions sur le marché du travail ne s’atténuent plus, pourraient mettre en péril les progrès réalisés en matière d’inflation et justifier un nouveau resserrement de la politique monétaire», rapporte Jim Reid.
Un nouveau - et sans doute dernier - relèvement de la part de la Fed n’est ainsi pas tout à fait exclu.
Le 20 octobre, la probabilité de voir la banque centrale augmenter ses fed funds à 5,5%-5,75% en novembre était néanmoins tombé à 1,7%, contre 6,6% le 18 octobre. Un maintien lors de la réunion de décembre est estimé à 79,4%, contre 60,8% mercredi.
Vendredi matin, les taux s’inscrivaient ainsi en repli par rapport à leur pic de la nuit. Le rendement à 10 ans américain ressortait à 4,93% vers 9h et celui du Bund à 2,9%.
La vague d’émissions obligataires d’entreprises de la tech ne faiblit pas. Outre les hyperscalers, des sociétés comme SAP ou RELX Group, dans la tourmente en début d’année à cause des craintes de disruption liées à l’IA, inondent également le marché.
Portés par l’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran et le regain d’euphorie sur l’IA, les marchés actions sont au plus haut, tandis que la réduction des craintes de stagflation a soutenu les marchés de taux. Le pétrole a chuté de près de 20%.
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
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