La poursuite de la hausse des taux longs pèse encore sur les marchés actions.
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La perspective de taux durablement élevés continue de secouer les marchés jeudi, dans un contexte géopolitique en outre tendu avec le risque d’escalade du conflit au Moyen-Orient. Les investisseurs sont focalisés sur les emprunts d’Etat américains dont le rendement à 10 ans pourrait atteindre la barre symbolique des 5% pour la première fois depuis juillet 2007. Il a atteint ce jeudi matin un plus haut de 4,99%, en hausse de 8 points de base (pb).
Ces tensions sur les marchés de taux se répercutent désormais sur les places boursières, qui avaient étonnement résisté jusqu’alors, ignorant en partie le risque géopolitique. Ce jeudi, l’ensemble des marchés actions sont dans le rouge. En Asie, l’indice Nikkei a chuté de 1,9% tandis que les actions chinoises (indice China A50) perdent 2,8%, et 2,9% à Hong Kong. En Europe, l’indice Euro Stoxx 50 abandonnait 0,3% vers 16h. Le CAC 40 perdait 0,6% et le Dax 0,2%. Mercredi, Wall Street avait fini en nette baisse: -1,3% pour l’indice S&P 500 et -1,6% pour le Nasdaq qui souffre davantage de cette hausse des taux. Les actions américaines étaient proches de l'équilibre jeudi peu après l’ouverture. Les déceptions dans certaines publications de résultats pèsent également sur les places boursières.
Tous les marchés dans le rouge
Sur une semaine, les marchés actions sont en nette baisse. Les places boursières chinoises subissent la forte correction tandis que les indices européens perdent près de 3%, Wall Street limitant son repli à 1%. Ce regain d’aversion pour le risque s’accompagne d’une forte progression de la volatilité, l’indice VIX de volatilité implicite du S&P 500 dépassant 20 pour la première fois depuis mai dernier.
Les dernières données publiées aux Etats-Unis, dont les ventes au détail en août, montrant une forte résistance de l’économie américaine et renforçant la perspective d’un soft landing, avec comme risque que la Fed laisse ses taux élevés (voire les augmente encore une fois) pendant longtemps.
Plusieurs membres de la Fed, dont Christopher Waller et John Williams, ont averti mercredi de ce risque. En une semaine, le taux 10 ans américain a rebondi de près de 50 pb. Le rendement de l’emprunt américain à 2 ans progressait ce jeudi de 3 pb à 5,25% tandis que celui à 30 ans avançait de 7 pb, à 5,06%. En Europe également, les rendements des emprunts d’Etat était en hausse, mais de façon plus mesurée, celui du Bund à 10 ans prenant 2 pb, à 2,94%.
La vague d’émissions obligataires d’entreprises de la tech ne faiblit pas. Outre les hyperscalers, des sociétés comme SAP ou RELX Group, dans la tourmente en début d’année à cause des craintes de disruption liées à l’IA, inondent également le marché.
Pour s'assurer le monopole de l'introduction en Bourse historique de SpaceX, le Nasdaq a bousculé ses propres critères de sélection sur son indice phare. En modifiant ses règles sur mesure pour une entreprise lourdement déficitaire, l’institution privilégie son activité commerciale de place boursière au détriment de son rôle de fournisseur d'indices, estime Denis Alexandre. Ce conflit d’intérêts inédit fait peser un risque systémique sur l'épargne passive.
Portés par l’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran et le regain d’euphorie sur l’IA, les marchés actions sont au plus haut, tandis que la réduction des craintes de stagflation a soutenu les marchés de taux. Le pétrole a chuté de près de 20%.
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