Le taux à 10 ans allemand repasse sous 2%
Fin septembre, le rendement des emprunts d’Etat allemands à 10 ans dépassait 3%. Un mois et demi plus tard, il vient de passer sous 2%, pour la première fois depuis plus d’un an. Le rendement du Bund à 10 ans s’est détendu mercredi de 5 points de base (pb), à 1,97% tandis que le taux réel revient proche de zéro avec une baisse des anticipations d’inflation à 2%.
La perspective d’un ralentissement de la croissance dans la zone euro mais surtout de nouvelles données confirmant la tendance à la désinflation renforcent les anticipations de baisse de taux de la Banque centrale européenne (BCE) en 2024, ce qui se répercute sur les taux moyen et long à la baisse.
Après la confirmation mardi de l’inflation annuelle dans la zone euro en novembre à 2,4%, contre 2,9% en octobre, au plus bas depuis juillet 2021, la forte baisse de l’inflation au Royaume-Uni le mois dernier à 3,9% contre 4,6% le mois précédent, annoncée mercredi, ajoute aux anticipations de détente monétaire l’an prochain.
A contre-courant du message de la BCE la semaine passée, le marché anticipe désormais six baisses de 25 pb en 2024 (-160 pb au total) avec une probabilité de 50% d’une première détente dès mars. Plusieurs membres de la BCE ont jugé ces derniers jours ces anticipations comme trop agressives car ils estiment que la victoire contre l’inflation n’est pas encore acquise.
Les prix à la production ont par ailleurs baissé plus que prévu en Allemagne en novembre (-7,9% sur un an, après -11% en octobre, et -0,5% sur un mois, selon les données publiées mercredi par Destatis) en raison principalement du fort repli des prix de l’énergie.
Forte détente
Rien qu’en décembre, le rendement du Bund à 10 ans s’est détendu de près de 50 pb, ce qui est la plus forte baisse mensuelle depuis près d’un an et demi.
Les maturités plus courtes se détendaient également. Le rendement à 2 ans des emprunts d’Etat allemands recule de 5 pb, à 2,46%. A moyen terme, celui à 5 ans se détend de 5 pb, à 1,94%.
Le rendement de l’OAT 10 ans recule aussi de 5 pb, à 2,48%. Celui du BTP italien de même maturité baisse de 4 pb, à 3,58%. Le spread entre la dette allemande et la dette italienne est le plus serré depuis juin dernier à 165 pb.
La forte baisse de l’inflation britannique alimente également les perspectives de baisse des taux de la banque centrale tandis que les taux longs se détendent massivement. Ils avaient rebondi la semaine passée après le ton particulièrement restrictif de la Banque d’Angleterre. Mercredi, le rendement du Gilt, l’emprunt d’Etat britannique, s’est détendu de 12 pb, à 3,51%, au plus bas depuis avril. Le rendement à 2 ans chute de 17 pb, à 4,06%.
Certains observateurs notent qu’il est actuellement difficile de lutter contre les anticipations à la baisse des taux des banques centrales, compte tenu de la faible liquidité dans le marché, mais qu’une inversion de cette tendance pourrait se matérialiser en début d’année.
Plus d'articles du même thème
-
Mabrouk Chetouane (Natixis IM) : «Les fausses bonnes idées de Kevin Warsh»
A deux jours du Symposium de Jackon Hole, le directeur Stratégie et marchés internationaux chez Natixis IM, également enseignant en économétrie aux Universités Paris Dauphine et Panthéon Sorbonne revient sur les nouvelles pistes de stratégie monétaire lancées par le président de la Réserve fédérale. -
Les banques ont largement participé à la réouverture du marché du crédit en euros
Les banques européennes ont constitué le secteur le plus actif sur le marché primaire du crédit en août, avec 43 émissions en euros (hors banques publiques) pour près de 32 milliards en moins d’un mois. Certains craignent une indigestion des investisseurs, mais les besoins de financement pour le second semestre sont limités, et les spreads globalement stables malgré le contexte. -
Les bons du Trésor américains ne sont pas sortis d’affaire
La mauvaise dynamique sur les taux américains, qui a notamment poussé le rendement des US Treasuries à 30 ans au-delà de 5,30% depuis mi-août, un sommet inédit depuis 2007, ne semble pas prête de s’inverser. Retour sur les principaux facteurs de risques.
ETF à la Une
Les ETF actifs engrangent plus de 89 milliards de dollars de collecte en juillet
- Crédit Agricole Assurances accélère sa diversification et mise sur l’affinitaire
- BNP Paribas déplore les manquements de la justice américaine dans le litige sur son rôle au Soudan
- Un super El Niño mettra à l’épreuve les marchés agricoles et énergétiques mondiaux
- Les émissions d’obligations d'entreprises reprennent de plus belle
- L’arbitrage entame sa mue pour gagner en efficacité
Contenu de nos partenaires
-
Un jour, mon fils, tout ceci sera à toiLa taxation de l'héritage, une impasse française
Pour financer la baisse des prélèvements sur le travail, la gauche relance l'idée d'alourdir la taxation des gros héritages, avec des espoirs de rendement probablement surestimés. La droite, elle, reste insensible à l'augmentation du patrimoine hérité et refuse toute hausse de la fiscalité -
CompétitivitéMario Draghi de retour pour secourir une Europe « faible »
Deux ans après son rapport sur la compétitivité européenne, l’ex-patron de la BCE lance un club appelant à des mesures urgentes -
Coulisses« C’était long, long, long » : face aux économistes, les sherpas des candidats à la présidentielle déçoivent
Après avoir passé deux heures avec les conseillers économiques des candidats à la présidentielle, les économistes restent sur leur faim