La Banque d’Angleterre n’est pas près de réduire ses taux
La Banque d’Angleterre (BOE) a laissé son taux directeur inchangé jeudi, comme anticipé par les marchés, tout en prévenant que sa politique monétaire devrait rester restrictive pendant une période prolongée.
Comme en septembre et novembre, la BOE a maintenu son taux directeur à 5,25%, son plus haut niveau depuis février 2008. La banque centrale britannique avait précédemment relevé ses taux à 14 reprises, entre décembre 2021 et août 2023.
Au contraire de la Réserve fédérale (Fed) américaine, qui a clairement signalé mercredi que des baisses de taux étaient probables en 2024, la BOE a affirmé qu’il était trop tôt pour envisager un tel revirement de la politique monétaire.
Les dernières statistiques économiques parues au Royaume-Uni montrent un très net ralentissement de l’inflation en octobre, à 4,6% sur un an après 6,7% en septembre, ainsi qu’un nouvel affaiblissement de l’activité, le produit intérieur brut (PIB) s'étant contracté de 0,3% sur un mois en octobre. La banque centrale a néanmoins jugé que les principaux indicateurs de persistance de l’inflation restaient élevés.
Une hausse n’est pas exclue
Loin de déclarer victoire contre l’inflation, qui reste plus élevée au Royaume-Uni que dans la zone euro ou aux Etats-Unis, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a souligné que si la banque centrale avait «parcouru un long chemin cette année», elle n'était pas encore arrivée à destination.
«La route est encore longue. Nous continuerons de surveiller attentivement les données et prendrons les décisions nécessaires pour ramener l’inflation à 2%», l’objectif de la BOE, a affirmé le responsable alors que les marchés espèrent que la Banque d’Angleterre, comme les autres grandes banques centrales, commencera à réduire ses taux en 2024.
Contrant ces attentes, trois des membres du comité de politique monétaire de la BOE se sont prononcés jeudi en faveur d’une nouvelle hausse du taux directeur à 5,5%. L’institution a également prévenu qu’elle pourrait procéder à un nouveau resserrement monétaire si l’inflation accélérait à nouveau.
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