Le supplice boursier d’Orpea se prolonge avec une nouvelle affaire
Le titre du groupe de maisons de retraite Orpea a dévissé, mercredi, après la publication d’une enquête de Mediapart et du média Investigate Europe, évoquant des opérations financières douteuses de la part d’un partenaire du groupe au Luxembourg. Le titre a fini en baisse de 19% à la Bourse de Paris, à 27,20 euros.
Selon cette enquête, Orpea a entretenu depuis 2009 des liens étroits avec une société luxembourgeoise, nommée Lipany, «laquelle a réalisé plusieurs opérations financières douteuses», affirme Mediapart. Cette société a investi dans des dizaines de résidences et maisons de retraite gérées par Orpea, en France, en Italie et en Allemagne, ainsi que des sociétés en Belgique.
Soupçons de détournements
«Officiellement totalement indépendante d’Orpea», Lipany appartient à un ancien cadre du groupe et opérait «en étroite coopération avec Orpea et son ancien directeur financier Sébastien Mesnard», affirme Mediapart. Elle serait impliquée dans plusieurs malversations financières en France et en Italie.
«Le groupe Orpea soupçonne lui-même que des opérations menées avec la société luxembourgeoise auraient servi à détourner de l’argent», indique le média d’investigation.
Orpea a confirmé dans une déclaration transmise mercredi à l’agence Agefi-Dow Jones avoir décelé au cours d’audits menés ces derniers mois «des faits potentiellement délictueux, qui mettent en cause des comportements individuels» et avoir pris des mesures disciplinaires, notamment à l’encontre de Sébastien Mesnard, qui ne travaille plus pour la société.
L’entreprise a par ailleurs annoncé, début mai, avoir porté plainte contre X pour «des faits et opérations passés – sans aucun lien avec les conditions d’accueil et de soins des résidents – susceptibles de poser question au regard de l’intérêt social d’Orpea».
La justice saisie
«Nous poursuivons nos investigations et nous prendrons toutes les mesures et sanctions qui s’avéreront nécessaires. La justice étant saisie, vous comprendrez que nous ne pouvons faire aucun autre commentaire», a ajouté Orpea.
Ces révélations interviennent alors que le groupe fait lui-même l’objet de plusieurs plaintes en justice à la suite des accusations du livre-enquête Les Fossoyeurs, paru en janvier, qui met en cause les pratiques de l’entreprise et dénonce des mauvais traitements à l’égard de ses résidents. Ce livre a notamment poussé le groupe à limoger son directeur général, Yves Le Masne, qui sera remplacé à compter du 1er juillet par Laurent Guillot.
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