Le Nobel d'économie récompense un trio pour l'étude des écarts de richesses
La «richesse des nations» constitue un vieux sujet d'étude pour les économistes. La recherche sur les écarts de prospérité entre pays vaut le Nobel d'économie 2024, annoncé ce lundi, à un trio, Daron Acemoglu, Simon Johnson et James A. Robinson. Tous trois basés aux Etats-Unis, nés en Turquie pour le premier et au Royaume-Uni pour les deux autres, les trois économistes ont été distingués pour leur contribution sur la manière dont les institutions de chaque pays peuvent en affecter la prospérité. Daron Acemoglu et Simon Johnson enseignent au MIT, James Robinson à l’Université de Chicago, mais tous ont été formés outre-Manche.
«Réduire les énormes différences de revenus entre les pays est l’un des plus grands défis de notre époque. Les lauréats ont montré l’importance des institutions pour y parvenir», a déclaré Jakob Svensson, président du comité du prix en sciences économiques, cité dans un communiqué.
Le trio succède à Claudia Goldin, récompensée en 2023 pour ses travaux sur la participation des femmes au marché du travail.
Institutions inclusives et exclusives
Les trois économistes ont co-signé plusieurs articles de recherches sur les trajectoires économiques divergentes des pays selon la forme que la colonisation européenne y avait pris. Daron Acemoglu et James Robinson ont ensuite accédé à la notoriété mondiale en publiant en 2012 le livre Why Nations Fail, consacré à la prospérité (Prospérité, puissance et pauvreté : Pourquoi certains pays réussissent mieux que d’autres).
Ils y développent de manière empirique la thèse que les pays devenus riches disposent d’institutions dites «inclusives», favorisant la propriété privée et la concurrence sur le plan économique, et le partage du pouvoir politique. Ils les opposent aux pays dont les institutions sont «exclusives», c’est-à-dire néfastes au droit de propriété et à l’ordre public, et tendant vers l’absolutisme.
Les trois prix Nobel ont élargi depuis leur champ de recherche. Daron Acemoglu s’intéresse ainsi aux défis que soulève l’intelligence artificielle, sujet qu’il a développé en France mi-juin lors du Forum organisé par Amundi. «L’IA, telle qu’elle est appliquée aujourd’hui, accroîtra les inégalités entre capital et travail», prédisait-il alors dans un entretien exclusif accordé pour cette occasion à L’Agefi.
A lire aussi : Daron Acemoglu : «La hype autour de l'IA nous égare»
Plus d'articles du même thème
-
La France veut faire du G7 d'Evian un grand forum de médiation des conflits mondiaux
Le président de la République a voulu un sommet de convergence, permettant d’aborder les déséquilibres économiques mondiaux mais aussi les conflits en cours en Ukraine et en Iran, ainsi qu’une multitude d’autres thématiques. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
La consommation américaine est sous perfusion de la Bourse
Wall Street et la consommation américaine sont sous stéroïdes. Le boom de l’IA fait flamber les cours de Bourse. L'effet richesse stimule la consommation mais en cas de correction, le risque pour l’économie n’est pas anodin.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- La BCE s'apprête à relancer un cycle de resserrement monétaire
Contenu de nos partenaires
-
Seine ColèreLyhanna, périscolaire et violences à Paris : quand l’Etat ne protège plus personne
Même si les situations sont différentes, un constat inquiétant s’impose : l’Etat ne protège plus les Français. La République est devenue incapable d’exercer ses missions régaliennes essentielles qui fondent notre contrat social -
Mort de Nahel : la Cour de cassation annule la requalification des faits visant le policier
Ce vendredi, la Cour de cassation a demandé à la cour d'appel de Versailles de se prononcer à nouveau sur la qualification des faits reprochés. -
Question 11Succession : comment protéger son conjoint survivant ?
Enfants en commun, famille recomposée, type de régime matrimonial : selon la situation de vie, les outils pour protéger le conjoint survivant ne sont pas les mêmes