Le coronavirus pourrait entraîner l’Italie en récession technique
Alors que les estimations de l’impact du coronavirus sur la baisse du PIB chinois 2020 oscillent entre -0,4% et -0,6% (entre -0,1% et -0,2% pour le PIB mondial de l’année), l’accélération de l’épidémie dans le Nord de l’Italie a causé la panique à la Bourse de Milan. L’indice MIB a perdu 5,4% sur la journée, alors que les rendements de la dette à 10 ans italienne s’écartaient de 9 points de base à 0,995%, avant de revenir à 0,964%, en sens inverse des rendements allemands et américains.
Compte tenu du faible taux de croissance de l’Italie, la banque japonaise Nomura voit le pays rapidement confronté à une récession, avec un PIB en baisse d’au moins -0,1% sur l’année, bien au-dessous de l’objectif de +0,6% annoncé par le gouvernement. «La perturbation de l’activité s'élèvera à environ -0,1% du PIB au premier trimestre si les mesures restent en place pour la période prévue d’une semaine. Au-delà, d’autres facteurs tels que la confiance des ménages et la dynamique d’approvisionnement (vers d’autres régions que les zones touchées, ndlr) sont susceptibles d’amplifier le choc», écrit Nicola Nobile, économiste chez Oxford Economics, évoquant les quatre provinces lombardes (Pavie, Lodi, Crémone, Milan), qui représentent 12% du PIB italien.
Le pays, dont la part de la consommation dans le PIB demeure élevée (60%), pourrait notamment souffrir de son secteur touristique, avec l’interdiction de vols depuis et vers la Chine, et l’annulation de grands événements internationaux. Le Conseil des ministres a adopté un décret-loi pour introduire des mesures d’urgence de confinement d’une douzaine de communes (avec fermeture des écoles) en Lombardie et Vénétie, deux des régions les plus dynamiques avec 31% du PIB national et 40% des exportations.
En marge du G20 Finances à Riyad, le gouverneur de la Banque d’Italie, Ignazio Visco, a évoqué un impact potentiellement supérieur à -0,2% sur le PIB annuel, appelant à des mesures budgétaires si nécessaire. «Il n’y a pas de raison que l’Italie (ou un autre pays comme la France) n’arrive pas à contenir l’épidémie comme l’ont fait la Chine (au prix d’un gros effort) et les autres pays asiatiques où elle ralentit, nuance Samy Chaar, chef économiste de Lombard Odier. Les marchés ne lui tiendraient pas rigueur d’une récession temporaire ou d’un dépassement du déficit puisqu’il n’y a pas de destruction de capacités à moyen terme. Dans ce genre de cas, l’économie repart normalement après, et d’autant plus vite si l’activité a repris en Chine et ailleurs.»
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