Bruno Le Maire a insisté sur une certaine maîtrise des comptes publics même si la réduction de la dette sera encore repoussée.
Publié le
Fabrice Anselmi
Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire justifie à la fois les baisses d’impôts et les investissements publics.
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Crédit European Union.
Les ministres de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, et des Comptes publics, Gérald Darmanin, ont ouvert hier la présentation du Projet de loi de finances (PLF) 2020 avec trois chiffres : 20 milliards de baisse des déficits publics entre 2019 et 2020 ; 30 milliards de baisse des prélèvements obligatoires entre 2017 et 2020 ; 40 milliards de baisse de la dépense publique entre 2017 (où elle représentait 55% du PIB) et 2020 (53,4%). «Tout en stabilisant la dette publique (à 98,7% du PIB, ndlr), ce qui n’était pas arrivé depuis plus de dix ans», ont-ils ajouté. Ils ont également insisté sur une présentation des comptes qui s’interdit les sous-budgétisations habituelles, ce qui a déjà abouti à deux années consécutives d’exécutions budgétaires sans décret d’avance.
La bonne résistance de l’économie française devrait permettre une croissance de +1,3% en 2019 et 2020 (Bercy table même sur 1,4% en 2019), et le gouvernement fait le choix de poursuivre le soutien à l’économie en cohérence avec les orientations désormais fixées de «récompenser le travail, protéger les plus vulnérables et réduire massivement les impôts des Français et des entreprises».
Côté dépenses de l’Etat «pilotables» - hors les budgets de 40,9 et 21,3 milliards transférés aux collectivités et à l’Union européenne, Bercy prévoit une légère augmentation pour 2020 avec 268 milliards : +5,1 milliards par rapport à la loi de finance initiale (LFI) 2019, +6,6 par rapport à la prévision d’exécution. Ainsi, les économies de 1,5 milliard d’euros réalisées notamment au travers de la réforme de l’assurance chômage, de réallocations aux aides au logement, de la suppression de quelques niches fiscales, et des économies sur la charge d’intérêts (de l’ordre de 6 milliards), doivent financer une partie des mesures d’urgence économiques et sociales décidées en décembre 2018. Les ministères des Armées (+1,5 milliard) et de l’Intérieur (+0,7) ressortent gagnants, au contraire de ceux de la Cohésion des territoires (-1,4), des Comptes publics, de l’audiovisuel public. D’autres enregistrent des crédits en hausse comme l’Éducation nationale (+1 milliard), et la Santé (+0,8) ou la Transition écologique (+0,6) mais avec des contreparties…
44,3% de prélèvements
Côté recettes, la baisse des prélèvements, -10,2 milliards pour 2020 hors effet temporaire de la transformation du CICE en allègement de cotisations, concernera d’abord les ménages : -9,3 dont -5 milliards via la diminution de l’impôt sur le revenu des classes moyennes et la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers ; et ensuite les entreprises, pour -1 milliard en incluant la baisse de l’impôt sur les sociétés, dont le taux atteindra progressivement 25% en 2022.
Selon l’AFP, l’avis du Haut Conseil sur les finances publiques (HCFP) devrait noter que le déficit structurel, encore de 2,2 points de PIB en 2020 (après 3,1 en 2019), ne respecte pas la loi de programmation de janvier 2018, ni les règles européennes prévoyant un ajustement. «Nous devons privilégier la constance dans notre politique fiscale – qui permet également la confiance des ménages et des entreprises – tout en prenant en compte la crise sociale qui a touché la France fin 2018, le ralentissement économique, plus conjoncturel, et la nouvelle donne économique mondiale avec une croissance, une inflation et des taux structurellement faibles pour les mois et années à venir», a répondu Bruno Le Maire, pour justifier à la fois les baisses d’impôts et les investissements publics «qui rendent aujourd’hui la France attractive», alors que d’autres Etats tardent à investir.
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