Nos articles d’actualité et d’analyse sur l'évolution des dettes publiques des principaux pays et sur leurs incidences pour l'économie et le secteur financier.
Quelques mesures de soutien aux ménages et de légères hausses d’impôts permettront de dégager une petite souplesse budgétaire mais les grandes décisions, portant sur la protection sociale ou le financement de la défense, sont repoussées à plus tard.
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l’arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français.
La préférence pour le gradualisme budgétaire est très ancrée en France, nourrie par la peur d’aboutir à des “boucles récessives”, estime Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa. Il existe des moyens d'en sortir. Mais la voie est étroite.
Les dettes souveraines des pays développés voient leurs coûts de financement augmenter avec les taux à 10 ans, contraignant les gouvernements à mener une politique de consolidation budgétaire. Certains d’entre eux, comme la France, font même douter de leur capacité à reprendre le contrôle de leurs finances.
Une partie du débat public tend à relativiser le poids de la dette française en la rapportant au patrimoine national plutôt qu’au PIB. Or, cette lecture soulève plusieurs difficultés. L’essentiel du patrimoine invoqué appartient aux ménages et aux entreprises, les actifs publics sont peu liquides et leur mobilisation peut entraîner une perte de valeur ou de contrôle. L’approche patrimoniale devient surtout cohérente lorsque l’endettement finance des actifs productifs.
Bruxelles conclura d’ici à fin décembre les versements de la Facilité pour la reprise et la résilience, pour un total de 573 milliards d’euros injectés sous forme de subventions et de prêts dans l’économie de l’Union européenne (UE) depuis 2021. Les Etats membres avaient jusqu’à fin septembre pour faire leurs dernières demandes.
Quelle que soit la politique budgétaire mise en œuvre, l’année prochaine, l’Institut montre que le déficit public ne serait pas réduit, même avec d’importantes réductions de dépenses, car celles-ci pèseraient sur la croissance déjà très faible.
La hausse des taux souverains alourdit la charge de la dette dans les économies développées. Le Fonds estime qu’il est urgent de reprendre le contrôle des dettes publiques pour éviter une dérive qui toucherait plus durement les pays émergents.
Dans son rapport sur la stabilité financière, le Fonds monétaire international en appelle aux gouvernements pour renforcer la résilience du secteur financier face aux dangers que représentent l’IA, la hausse des rendements obligataires et les cyberattaques. Trois risques interdépendants qui pourraient se cumuler.
Dans une note collective, les économistes formulent huit recommandations prioritaires dans les grands domaines de l’action publique avec pour objectifs de transformer le moteur productif et social français et de renforcer la résilience du pays. Le tout sans aggraver le déficit budgétaire.
Certains économistes essaient de prendre du recul par rapport au pessimisme ambiant en France. Stéphane Colliac, chez BNP Paribas, rappelle notamment une série d’avantages structurels devant permettre de soutenir la croissance.
La directrice générale de LCH SA (depuis 2023) et responsable de London Stock Exchange Group en France (depuis 2025) détaille pour L’Agefi les grands chantiers de l’opérateur dans l’Hexagone.
Les conditions pour que la Banque centrale européenne utilise son outil anti-fragmentation ne semblent pas encore réunies. Lorsque cet instrument a été créé en juillet 2022, le spread entre les taux à 10 ans italien et allemand (BTP-Bund) avoisinait les 250 points de base, un niveau supérieur à l’écart actuel de 150 points de base entre la France et l’Allemagne.
Dans un nouveau rapport, l’OCDE montre comment diverses mesures de soutien aux familles améliorent la santé et les résultats scolaires des enfants, ainsi que le taux d’emploi des parents.
Pour éviter que les taux s’emballent et ne pèsent encore davantage sur les coûts de financement de la dette, le gouvernement a présenté son budget 2027 avec 43 milliards d’euros d’économies et hausse d'impôts largement réparties, mais préservant les investissements dans la défense.
L’Agence France Trésor a encore assuré jeudi la liquidité sur l’adjudication des OAT à 10, 11, 12 et 22 ans. Mais au prix fort pour l’Etat français qui présentait son projet de budget au même moment.
L’Agence France Trésor justifie ce montant inattendu par la hausse des remboursements à échéance. Il est à comparer aux 310 milliards d’euros qui devraient être empruntés en 2026. En net, le marché devrait absorber plus de 150 milliards.
Pour Alexandre Stott, économiste chez Goldman Sachs, la croissance de la France restera trop faible pour envisager une réduction rapide du déficit public. En revanche, les investisseurs attendent une clarification des orientations politiques du pays pour acheter davantage de dette.
L’endettement mondial a atteint au 30 juin 2026 un nouveau record de 365.000 milliards de dollars, sous l’impulsion des entreprises et des Etats, selon l’IIF. La hausse des taux accroît les dépenses d’intérêt et mécaniquement la dette. Elle devrait continuer de progresser en raison des besoins d’investissement dans les secteurs stratégiques.
Durant l'été, les taux d’intérêt à long terme des dettes d’Etat ont atteint des niveaux record inédits depuis des décennies dans le monde (hors Chine). La France se distingue par une dégradation particulièrement marquée : l'écart de taux (spread) à 10 ans avec l’Allemagne s’établit à 100 points de base, l’OAT affichant 4,5 %, au plus haut depuis 2008. A cette époque, la France et la zone euro affichaient des niveaux d’endettement globalement alignés, autour de 65-70 % du PIB. Depuis, la trajectoire budgétaire française a dérivé.