La Fed va continuer à relever progressivement ses taux «pour le moment»
L’économie américaine va bien, et la Réserve fédérale (Fed) ne voit pas de raison pour que ça change. L’inflation a dépassé l’objectif de la Fed, l’indice «core» suivi par la banque centrale ayant touché 2% en mai pour la première fois en six ans, et avec 215.000 emplois créés chaque mois en 2018, l’emploi continue à croître malgré un taux de chômage près de ses plus bas depuis vingt ans. «Avec une politique monétaire appropriée, le marché du travail restera solide et l’inflation se maintiendra proche de 2% pendant plusieurs années», a déclaré le président de la Fed, Jerome Powell, lors d’une audition au Sénat. A moins que la politique commerciale et budgétaire des Etats-Unis vienne perturber ces prédictions, a-t-il pris soin de préciser, en ajoutant que le comité de politique monétaire (FOMC) «croit que - pour le moment - la meilleure manière de procéder est de continuer à relever progressivement les taux».
Le président de la Fed a également rappelé l’attachement de la banque centrale à l’objectif «symétrique» d’une inflation à 2%, soulignant ainsi que «le FOMC ne s’inquiéterait que si l’inflation se maintenait durablement au-dessus ou en dessous de notre objectif». Dans l’immédiat, les risques sur cet objectif sont «à peu près équilibrés», estime-t-il, évoquant d’un côté l’incertitude liée à l’impact des taxes douanières et de l’autre celle due à la réforme fiscale. Sans critiquer directement la politique commerciale de Donald Trump, Jerome Powell a reconnu en réponse à un sénateur que le protectionnisme pouvait peser sur la croissance économique et indiqué que certaines entreprises commençaient à geler leurs projets d’investissements. Interrogé sur l’aplatissement de la courbe de taux, le gouverneur de la Fed a déclaré que le FOMC discutait de cette dernière concernant ce qu’elle implique pour le taux d’intérêt neutre.
Les marchés de taux ont peu réagi à cette audition et continuent d’anticiper une hausse de taux en août et une seconde en décembre. L’ajout de «pour le moment» à la description de la trajectoire de hausse de taux de la Fed a été interprété par Bill Diviney d’ABN Amro comme un signe «d’inquiétudes croissantes sur le commerce» et «un risque que la Fed fasse une pause dans son cycle de hausse si la confiance des entreprises devait décliner significativement». A contrario, selon Ian Sheperdson de Pantheon Macroeconomics cela «pourrait être vu comme ouvrant la porte à une action plus dramatique si l’inflation devait largement dépasser sa cible».
Plus d'articles du même thème
-
L’emploi américain déçoit largement en juin
Des créations d’emplois au ralenti et très inférieures aux attentes après trois mois encourageants ont commencé à tempérer les anticipations de hausses de taux aux Etats-Unis. La publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) le 14 juillet devrait conforter l’hypothèse d’une pause prolongée de la Fed. -
Les Etats-Unis ont moins créé d'emplois que prévu en juin
Les créations de postes sont ressorties à 57.000 le mois dernier et elles ont été révisées à la baisse au titre du mois de mai. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Contenu de nos partenaires
-
Loi d'urgence agricole : les 5 points de discorde majeurs qui opposent le Sénat et l'Assemblée
Le Sénat a tranché en faveur d’un texte plus souple mais le vrai combat s’ouvrira le 16 juillet lors d’une Commission mixte paritaire (CMP) où députés et sénateurs tenteront de concilier leurs visions divergentes -
Flagrant délitEn Inde, une affaire de détournement de fonds fragilise le BJP de Narendra Modi
Déjà affaiblie par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la formation du Premier ministre est mise en cause dans un scandale autour du temple de Ram sur lequel elle a bâti sa popularité -
La France doit reconnaître la filiation actée par un tribunal étranger d'un enfant né par GPA, dit la Cour de cassation
Cette décision du 3 juillet concerne un couple d'hommes français résidant au Canada et pères de trois enfants. Pour la Cour de cassation, l'interdiction de la GPA en France ne suffit plus à bloquer l'exequatur d'un jugement de filiation étranger