La dette souveraine en euro baigne dans une abondance estivale de liquidité

En juillet les émissions brutes atteindront, selon UniCredit, 63 à 75 milliards d’euros, face à des rachats et coupons totalisant 124 milliards
Benoît Menou

L’été s’annonce radieux pour les émetteurs de dettes souveraines en zone euro. Les volumes de rachat de titres à échéance et de coupons devraient en effet sensiblement excéder ceux d’émissions brutes, créant un climat de forte demande susceptible d’assurer le bon déroulement des opérations. UniCredit avance ainsi que juillet sera «l’un des mois les plus liquides de l’année», avec des rachats s’élevant à 85 milliards d’euros et des coupons à 39 milliards, face à des émissions de 63 à 75 milliards (dont 37% émanant des états périphériques). Soit une offre potentielle de titres qui pourrait être négative jusqu’à 22 milliards d’euros sans compter les coupons. Certains pays, selon la recherche de la banque italienne, pourraient être tentés de revoir à la hausse leurs ambitions face à cette «abondance de liquidité».

Les programmes d’émission des membres de la zone euro sont pourtant déjà sur la bonne voie, les 507 milliards émis à fin juin (contre 583 milliards au premier semestre 2010) représentant 60% des programmes annuels (67% en France).

Après une accalmie en août, le marché renouerait en septembre avec la tendance de juillet. Sur l’ensemble du troisième trimestre, UniCredit mise sur une offre nette moyenne négative à hauteur de 20,5 milliards d’euros (émissions brutes de 176,8 milliards diminuées de 197,3 milliards de titres échus, sans compter 60 milliards d’euros de coupons). La France et les Pays-Bas (jusqu’à 9 milliards chacun) et, surtout, l’Italie (jusqu’à 17,5 milliards), offriraient selon ces projections les plus importants excédents de liquidités aux investisseurs.

UniCredit estime ainsi que le panorama en France, en juillet particulièrement (offre nette jusqu’à -10,5 milliards hors coupons de 6 milliards), serait «une bonne raison» pour réaliser une nouvelle émission de référence à 30 ans. La banque s’attend en effet à cette initiative cette année, après les benchmarks à 15 et 50 ans émis l’an passé. Le mois de juillet constituerait aussi selon la banque une «bonne fenêtre d’opportunité» pour une émission benchmark à 10 ans en Espagne. Un contexte qui pourrait susciter l’appétit d’émetteurs non strictement souverains, comme le fonds de soutien au secteur bancaire en Espagne, le Frob, qui prépare, selon Bloomberg, une émission à 5 ans présentant un spread de 80 points de base avec la dette souveraine.

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