La cession des filiales italienne et espagnole de Dexia dans l’impasse
Dexia n’est pas seulement fragilisée par son profil de liquidité et un business model rendu caduc par la crise. Le programme de cessions que la banque franco-belge a promis à la Commission européenne est perturbé par les turbulences en zone euro. Deux actifs, en particulier, semblent aujourd’hui invendables: Dexia Crediop et Dexia Sabadell, les filiales de financement des collectivités publiques du groupe en Italie et en Espagne.
«Personne ne veut acheter un actif exposé à du risque public dans les pays périphériques de la zone euro», résume un banquier d’affaires.
Crediop, dont le solde du capital est détenu par des banques populaires, affichait à fin juin 42 milliards d’euros d’actifs pour 42 millions de résultat. Dexia Sabadell, pour sa part, a gagné 59 millions en 2010, avec 17,6 milliards d’encours en fin d’année. En échange des aides d’Etat reçues après le naufrage de 2008, Dexia s’est engagé à céder le contrôle de ses deux filiales. La décision de la Commission prévoit «une cession ou une introduction en Bourse de la participation de 70%» détenue dans Crediop d’ici au «31 octobre 2012». Bruxelles permettra au groupe de ne pas vendre «à un prix excessivement déprimé», prix exprimé en fonction d’un multiple – tenu secret – de la valeur comptable. La part de 60% dans la société commune avec Sabadell doit quant à elle être cédée avant le 31 décembre 2013.
Ces deux échéances lointaines laissent à Dexia le temps d’attendre des jours meilleurs. Mais rien ne dit que Crediop sera plus appétissant dans un an, compte tenu de la lenteur de la résolution de la crise en zone euro et des échéances électorales, toujours prévues en 2013, en Italie.
La société se trouve par ailleurs en conflit avec plusieurs collectivités auxquelles elle a vendu des produits structurés qui ont fait grimper le coût de leur dette. Certaines, comme la ville de Pise, ont même décidé d’annuler les swaps qui les liaient à la banque. Alors que Dexia voulait déplacer la résolution du conflit devant les tribunaux de Londres, le Conseil d’Etat italien a affirmé le 7 septembre la prééminence de la justice administrative locale.
Au deuxième trimestre, le groupe a d’ailleurs tiré les leçons de la crise. Il a déprécié ses écarts d’acquisition sur Crediop (ainsi que sur Dexia Israel, pour un cumul de 143 millions d’euros), «eu égard à l’incertitude relative aux conditions de vente de ces entreprises depuis 2010».
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