La BEI s’inquiète d’un resserrement du crédit aux entreprises
L’Europe met finalement sa maison en ordre mais cela aura des conséquences sur les financements disponibles pour les entreprises», a dit Werner Hoyer au sujet de l’union bancaire, lors de la présentation des activités de la BEI mercredi à Bruxelles. La banque publique, qui a engrangé une augmentation de capital de 10 milliards d’euros en 2013, a accru ses signatures de prêts de 37% à 71 milliards.
Son président assure avoir de quoi soutenir ce rythme de 20 milliards de signatures supplémentaires pendant les deux prochaines années. «Ensuite,tout dépendra de la conjoncture et de l’environnement réglementaire», dit-il, tout en prévenant qu’il pourrait devoir à nouveau augmenter sa puissance de feu si la croissance repartait car «beaucoup d’investissements ont simplement été repoussés».
Pour l’instant, la banque cherche surtout à faire face au resserrement des canaux d’investissement notamment dans le Sud de l’Europe. «Nous traversons une période durable de disette budgétaire» et «les banques sont très demandeuses de garanties», a expliqué son vice-président Philippe de Fontaine Vive. En 2013, les signatures ont atteint un niveau historique à 10 milliards d’euros en Italie ainsi qu’en Espagne, soit près de 30% des engagements.
Le groupe s’est par ailleurs lancé dans une stratégie de diversification pour augmenter son soutien aux PME, notamment avec un programme de prêts mezzanines lancé à l’automne et l’appel à une garantie de la Commission européenne pour certains financements risqués. Le 15 mars, le conseil d’administration du Fonds européen d’investissement (FEI), spécialisé dans des prises de participation dans des fonds de capital risque, entérinera une augmentation de capital de 50%. Soit 1,5 milliard d’euros de souscription dont 160 millions libérés immédiatement. Les engagements du fonds devraient passer de 3 à 5 milliards entre 2013 et 2015.
Bien qu’exemptée des règles applicables aux banques commerciales, la BEI s’inquiète des conséquences de la politique prudentielle européenne. Les 28 milliards d’euros de prêts non sécurisés aux banques inscrits dans son bilan (sur un total de 512 milliards) entrent dans le périmètre des dettes sujettes à un bail-in à partir de 2016. Un changement qui n’est pas sans conséquences sur le coût de son soutien aux banques, estime une source interne.
Depuis le début de l’année, la banque a levé 19 milliards sur les marchés et devrait maintenir son programme autour de 72 milliards.
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