La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé jeudi ses taux directeurs d’un quart de point de pourcentage, une décision prise au lendemain d’un statu quo de la Réserve fédérale américaine (Fed) et qui confirme la divergence des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique.
La BCE a réduit le taux de rémunération des dépôts, son principal taux directeur, à 2,75% contre 3% précédemment. Le taux des opérations principales de refinancement a quant à lui été fixé à 2,90%, contre 3,15% auparavant, et le taux de la facilité de prêt marginal a été abaissé à 3,15%, contre 3,40%.
Cette décision intervient alors que les prix à la consommation dans la zone euro ont crû de 2,4% sur un an en décembre, après une hausse de 2,2% en novembre, selon les données publiées par Eurostat, l’agence européenne de la statistique.
La BCE reste toutefois confiante dans le retour de l’inflation à l’objectif de 2% dans le courant de l’année.
«Circulez, il n’y a rien à voir»
«Le processus de désinflation est en bonne voie. L’inflation a continué d'évoluer de façon globalement conforme aux projections des services de l’Eurosystème et devrait revenir au niveau de l’objectif du conseil des gouverneurs de 2% à moyen terme dans le courant de l’année», a-t-elle indiqué dans son communiqué.
La banque centrale a également réaffirmé qu’elle suivrait «une approche s’appuyant sur les données pour déterminer, réunion par réunion, l’orientation appropriée de la politique monétaire» et qu’elle ne s’engageait pas à l’avance sur une trajectoire de taux particulière.
Autant d’annonces qui sont conformes aux attentes des analystes. La réunion de janvier entre dans la catégorie «circulez, il n’y a rien à voir», a réagi Mark Wall, chef économiste Europe de Deutsche Bank, dans une note. «La reprise économique est toujours confrontée à des vents contraires. La désinflation reste en bonne voie. Les taux d’intérêt sont restrictifs. C’est pourquoi la BCE a de nouveau réduit ses taux directeurs. Il s’agit de la cinquième baisse au total et de la quatrième consécutive. Il n’y a vraiment aucune raison de penser que la BCE ne continuera pas à réduire ses taux, au moins jusqu'à un niveau neutre, et nous pensons qu’ils seront probablement inférieurs au niveau neutre d’ici la fin de l’année», a-t-il estimé.
Au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans le Caucase, la politique monétaire est devenue plus efficace au fur et à mesure que les banques centrales consolidaient leur indépendance. Un constat dressé par le FMI qui propose aussi quelques pistes de renforcement.
L’inflation HICP a augmenté de 3% à 3,2% sur un an en mai, à cause d’effets de base liés aux prix de l’énergie, mais sans pratiquement bouger sur un mois. Sur la période, les prix de l’énergie ont même reculé de 1,1%.
Les banques européennes n’ont pas forcément beaucoup resserré leurs conditions de crédit, les prêts au secteur privé ayant continué à progresser à un bon rythme en avril. En revanche, les agrégats monétaires comme M3 ont vu leur rythme de croissance fortement ralenti pour des raisons techniques comme les transferts des dépôts vers de l’épargne longue.
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