Goldman Sachs confirme son statut de machine à profits sur le trading
Pour Goldman Sachs, 2009 aura pris deux visages. Grand millésime sur le front de l’activité, elle marque aussi une année noire en termes d’image pour la banque d’affaires, dont le rôle dans la crise lui a valu une pluie de critiques. Le rapport annuel que le groupe vient de publier le confirme.
L’an dernier, Goldman Sachs a ainsi battu son propre record du nombre de séances de trading très profitables. La banque a affiché un résultat quotidien supérieur à 100 millions de dollars dans ces activités durant 131 jours, soit un jour sur deux. Ses tables de trading n’ont enregistré de pertes que lors de 19 séances, par deux fois pour des montants supérieurs à 75 millions.
Cette performance a une contrepartie: l’augmentation du risque pris par la banque, que l’on peut approcher par sa Value at Risk (VaR) quotidienne moyenne, qui mesure la perte maximale que Goldman Sachs pourrait accuser en un jour avec une probabilité de 95%. L’indicateur est passé de 180 millions à 218 millions en un an. En 2008, les pertes avaient dépassé à 13 reprises la VaR, signe que l’indicateur n’avait pas résisté à la crise financière. Cela n’a pas été le cas une fois en 2009, grâce à un environnement beaucoup plus favorable qui a aussi vu le groupe profiter de la disparition de certains concurrents.
Mais Goldman Sachs ne s’en vantera sans doute pas. En ce début d’année, la banque a surtout fait parler d’elle pour son double jeu supposé envers la Grèce. Et une nouvelle catégorie a fait son apparition dans la rubrique «risque» de son rapport: la «publicité négative». «Les articles de presse et autres déclarations publiques qui font allusion à de mauvais comportements (…) donnent souvent lieu à une forme d’enquête de la part des régulateurs», et démoralisent les troupes, souligne la banque.
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