Giorgia Meloni propose 30 milliards d’euros de relance budgétaire pour l’Italie
Le premier budget de Giorgia Meloni en tant que présidente du Conseil sera axé sur des mesures visant à soutenir les ménages et les entreprises face à la hausse des prix de l’énergie, pour un total de 30 milliards d’euros additionnels.
Ces mesures supplémentaires seront financées à 70% par une augmentation du déficit l’an prochain, qui passera de 3,4% du PIB initialement prévus à 4,5% du PIB. Près de 10 milliards doivent provenir de recettes supplémentaires par rapport aux projections tendancielles, dont quelque 3 milliards d’un impôt exceptionnel sur les bénéfices du secteur de l’énergie, qui a profité de la flambée des prix du pétrole et du gaz. D’autres sources potentielles de financement reposent sur une taxe sur les livraisons à domicile pour aider les commerçants face à la concurrence d’Amazon, et une réduction des 9 milliards précédemment affectés au programme de lutte contre la pauvreté.
Du côté des dépenses, l’Italie engagera plus de 21 milliards pour aider les entreprises et les ménages à payer leurs factures d’électricité et de gaz. Environ 5 milliards devraient être consacrés à la réduction du «coin fiscal», la différence entre la somme brute versée par l’employeur au salarié et le salaire net reçu par le salarié, en insistant pour que le bénéfice de la mesure revienne aux salariés percevant moins de 20.000 euros par an - la Confindustria, une organisation représentative des entreprises italiennes, demandait d’en reverser un tiers aux sociétés.
Amnistie sur les arriérés d’impôts
L’économie italienne, qui connaît une inflation galopante, devrait ralentir fortement en 2023, avec une augmentation du PIB de seulement 0,6%, après 3,7% en 2022, selon les dernières estimations du Trésor, ce qui paraît assez optimiste, même si les professionnels du secteur touristique enregistrent des réservations records pour l’an prochain.
Giorgia Meloni prévoit également d’étendre le plafond du taux d’imposition à 15% spécifique aux travailleurs indépendants à ceux dont le revenu annuel reste inférieur à 85.000 euros, contre 65.000 euros pour le plafond actuel. Elle souhaite aussi mettre en place une amnistie sur les arriérés d’impôts jusqu’à 1.000 euros datant d’avant 2016, une des mesures les plus controversées du projet de loi. Le gouvernement envisage enfin d’abaisser rapidement à 62 ans l’âge du départ à la retraite pour les Italiens ayant cotisé pendant 41 ans.
Le Conseil des ministres se réunira lundi à 20h30 pour examiner et approuver le projet de budget pour 2023, qui sera ensuite soumis au Parlement pour une validation avant la fin de l’année.
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