La Banque d’Angleterre (BOE) a décidé jeudi de maintenir son principal taux directeur à 4,25%.
Le comité de politique monétaire de la banque centrale britannique a décidé à une large majorité de six voix pour et trois voix contre de laisser son taux directeur inchangé. Trois des membres de ce comité plaidaient pour une baisse de taux de 25 points de base (0,25 point de pourcentage), à 4%.
La BOE avait réduit en mai son taux directeur de 25 points de base, ce qui constituait son quatrième abaissement en sept réunions.
«L’incertitude au niveau mondial reste élevée» et les prix de l'énergie ont augmenté en raison de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, a souligné jeudi la banque centrale dans son communiqué. Le comité de politique monétaire restera attentif à l'évolution du conflit et à ses possibles répercussions sur l'économie britannique, a-t-elle ajouté.
Compte tenu des dernières annonces relatives aux droits de douane, «l’impact direct du choc commercial sur le produit intérieur brut mondial pourrait être plus faible» que l’envisageait la BOE en mai, a-t-elle également souligné. Cependant, l’incertitude commerciale continuera d’avoir des répercussions sur l'économie britannique, a prévenu la banque centrale.
Les tensions salariales devraient encore se modérer
Dans ce contexte, «une démarche progressive et prudente» concernant la poursuite de l’assouplissement de la politique monétaire «reste appropriée», a répété jeudi la BOE dans un communiqué. «La politique monétaire devra rester restrictive suffisamment longtemps» en vue d’assurer un «retour durable de l’inflation vers l’objectif de 2% à moyen terme», a encore souligné la BOE. Les risques pour les perspectives d’inflation restent équilibrés, a-t-elle insisté.
L’indice des prix à la consommation (IPC) au Royaume-Uni a progressé de 3,4% sur un an en mai, contre 2,6% en mars. «Cette hausse est due en grande partie à une série de prix réglementés et à des augmentations antérieures des prix de l'énergie», a précisé jeudi l’institution monétaire dans son communiqué.
L’inflation devrait rester proche de son niveau actuel jusqu'à la fin de l’année, avant de redescendre vers l’objectif l’an prochain, prévoit la BOE. Selon la banque centrale, les tensions salariales au Royaume-Uni devraient continuer de s’atténuer pendant le restant de l’année 2025.
En effet, «la croissance sous-jacente du PIB britannique semble rester faible et le marché du travail continue de se détendre», ce qui signale une certaine sous-utilisation des capacités sur le marché de l’emploi, a détaillé la BOE dans son communiqué.
Le comité de politique monétaire «restera attentif à la façon dont l’atténuation des tensions salariales se répercute sur les prix à la consommation», a-t-elle indiqué.
Les Etats-Unis multiplient les initiatives visant à empêcher le marché obligataire de dicter seul le prix de leur dette, relève Didier Borowski, responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques d’Amundi Institute. Un parfum de "répression financière", déjà observée au XXe siècle, plane.
Kevin Warsh, qui passait un «examen» en ouverture du Symposium de Jackson Hole après avoir été critiqué pour son manque de clarté sur l’inflation en juillet, a tenté de se rattraper. Et fait pencher le marché en faveur d’une hausse de taux dès la prochaine réunion.
Les aides gouvernementales à l’achat de carburant ont réduit la hausse des prix énergétiques mais l’inflation alimentaire est toujours élevée et pourrait encore augmenter dans les mois à venir.
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