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Cinq questions pour les investisseurs en 2026
L’année 2025 aura été marquée par une remarquable résistance de l’économie globale au choc de guerre commerciale, initiée le 2 avril (Liberation Day) ; et une solide performance des marchés financiers, des actions en particulier. Ces tendances vont-elles se poursuivre, ou les soubresauts des derniers jours annoncent-ils un renversement ? Nous proposons une revue rapide des cinq thèmes dominants, au tournant de l’année.
La croissance économique
L’économie mondiale est sur son rythme de croisière, et le risque de récession diminue. Le défi actuel vient de conditions économiques américaines extrêmement contrastées. Le marché du travail ralentit, mais la croissance économique a été solide en T2 et T3 (a priori) ; l’activité est portée par l’explosion des investissements dans l’Intelligence Artificielle, qui à coup sûr à terme soutiendra une hausse de la productivité. La confiance des consommateurs est en berne, plombée par les inquiétudes sur l’emploi et l’inflation ; mais les dépenses de consommations résistent, tirées par la vigueur des ménages aisés.
Le contraste le plus frappant se situe dans le secteur de la construction, généralement à la peine, à l’exception des centres de données, en plein essor. Ces contrastes impliquent une plus grande incertitude, mais notre scénario d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine reste valide. La volonté de ménager les consommateurs à l’approche des élections de mi-mandat en novembre 2026 devrait impliquer des politiques moins ‘toxiques’ (stagflationnistes) en 2026.
Déjà, l’administration commence à réagir au mécontentement populaire, et envisage de réduire certains droits de douane (Suisse, Inde, café, bananes etc.). Un stimulus budgétaire (Big Beautiful Bill) significatif sera à l’œuvre au printemps. Après avoir flirté avec la stagnation cet été, la zone euro se reprend : les indicateurs précurseurs s’améliorent, et le bazooka budgétaire allemand prend son envol. La Chine envoie des messages mitigés, le ralentissement de T4 ne semblant pas menacer l’objectif de croissance annuelle de 5%.
A lire aussi : Les marchés doutent à nouveau d’une baisse des taux Fed en décembre
L’inflation
L’inflation américaine a surpris à la baisse en septembre. A la différence de 2021-22, les entreprises ne semblent guère profiter de l’excuse des droits de douane pour monter leurs prix. Elles semblent au contraire absorber partiellement les taxes par une baisse des coûts unitaires de main-d’œuvre. Cela dit, les droits de douane ne sont pas indolores sur le prix des biens, et l’inflation des services reste tenace.
De fait, les anticipations du marché sur la Fed – entre 3 et 4 baisses de taux de 25 pb d’ici fin 2026 – nous semblent un peu ambitieuses. Le repli des taux longs américains s’essouffle et nous neutralisons les positions longues en duration (Treasuries). L’inflation est sous contrôle en zone euro, et le risque est même de passer sous les 2%. Pour autant, l’amélioration des perspectives de croissance milite plutôt pour un statu quo de la BCE (taux directeur à 2%).
La dominance budgétaire
C’était l’objet de notre dernière tribune. La hausse continue de la dette publique mondiale – qui a soutenu des émissions obligataires mondiales records en 2025 – suscite des craintes d’une ‘dominance budgétaire’ : le financement de la dette publique devient si prépondérant qu’il pourrait affecter la politique monétaire.
Tout signe d’un futur patron de la Fed, à partir de mai 2026, sous l’influence de l’administration américaine raviverait les pressions baissières sur le dollar (la stabilisation récente ne devrait pas durer). Cela menacerait également d’inverser la baisse de la volatilité obligataire, qui soutenu l’appétit pour le risque en 2025. Ce problème est peut-être moins préoccupant pour l’Europe actuellement, même si l’impulsion budgétaire allemande atteindra son pic en 2026. Néanmoins, à terme les importants déficits publics en France et l’instabilité politique pourraient s’avérer délicats pour la BCE, qui demeure la garante de l’intégrité de l’UEM.
Le cycle du crédit
Aux Etats-Unis, les faillites de First Brands, Tricolor ou PrimaLend ont soulevé des inquiétudes sur la transparence du crédit privé et la santé des emprunteurs de moins bonne qualité. Des tensions sur les défauts et les spreads de crédit plomberaient les conditions financières et la croissance. En réalité, les derniers résultats des banques ne suggèrent pas de détérioration marquée de la qualité des actifs. Surtout, la déréglementation en cours va libérer du capital bancaire, alimentant la concurrence entre prêteurs et prolongeant le cycle du crédit. En Europe, la production de crédit se reprend, modérément. A terme, les efforts visant à encourager la titrisation, ainsi que les baisses de taux passées de la BCE, devraient soutenir la création de crédit. Au total, l’annonce de la mort du cycle de crédit nous semble prématurée.
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IA : Bulle spéculative ou pas
Le secteur de la tech souffre d’un coup de froid en ce mois de novembre, comme il n’en avait plus connu depuis le 1er trimestre 2025 (DeepSeek). Les annonces de plans d’investissement massifs pour 2026 interrogent. Les entreprises technologiques ne sont plus à faible intensité capitalistique. Ces ‘capex’ gigantesques généreront-ils les rendements escomptés ? Les marges et les profits des «hyperscalers» resteront-ils sur une pente forte ? Ces investissements records doivent être financés, notamment par la dette (obligations, prêts, ou dette privée), et les inquiétudes sont bien résumées par le CDS d’Oracle.
L’IA n’est pas une bulle, dans le sens où la valorisation a été soutenue par une profitabilité spectaculaire. Mais le risque de nouveaux entrants, par exemple chinois, menaçant les marges stratosphériques du secteur, justifie une diversification des allocations actions vers l’Europe et les émergents, qui ont enfin commencé à surperformer en 2025.
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