BNP Paribas ampute sa capacité bénéficiaire en même temps que son bilan
BNP Paribas entre dans le dur du deleveraging. Les résultats publiés hier témoignent de l’effort de réduction de bilan engagé ces derniers mois, et de ses conséquences durables sur la capacité bénéficiaire du groupe. Un effet très sensible dans la banque de financement et d’investissement.
La BFI accuse au troisième trimestre une chute de 40% sur un an de ses revenus, à 1,75 milliard d’euros. Hors pertes sur les cessions de dette souveraine, la baisse du produit net bancaire atteint encore 33% dans le fixed income, et 44% dans le pôle actions et conseil, secoué par la volatilité. Dans le pôle financement, le recul du PNB (-13,6%) accompagne la baisse des encours (-12,7% en un an). L’activité devrait continuer à se contracter au dernier trimestre vu les turbulences de marché.
Mais la tendance est aussi structurelle. Le plan de réduction des besoins de financement en dollar dans la BFI (-60 milliards à fin 2012), déjà réalisé au tiers, sera accéléré, avec un deuxième tiers prévu sur le trimestre en cours. Le programme de financement à moyen long terme du groupe a été revu à 20 milliards d’euros pour 2012, contre 35 milliards cette année.
Tous métiers confondus, BNP Paribas veut aussi réduire de 70 milliards d’euros ses encours pondérés d’ici à fin 2012. Des projets représentant 90% de cet objectif (et 80% en points de ratio core tier one) ont été lancés. Ils amputeront le résultat brut d’exploitation de 750 millions d’euros en année pleine dès 2013, dont 500 millions pour la seule BFI. Et sans doute davantage quand les objectifs seront réalisés à 100%.
«Nous aurons des pertes de recettes liées à la réduction du bilan, indiquait hier Baudouin Prot, directeur général. Nous estimons que nous allons avoir un effet de repricing positif mais qui interviendra au fur et à mesure que le portefeuille se renouvellera». Côté coûts, plusieurs centaines de suppressions de postes dans la BFI seront «annoncées dans les pays concernés à partir de mi-novembre». Des réductions d’effectifs sont déjà en cours dans d’autres métiers.
Reste au groupe à revoir son objectif de RoE, encore fixé à 15%, contre 10,2% sur les neuf mois de 2011. «Je crois que nous devrions être capables de faire mieux que 10 ou 11% dans les prochaines années en dehors d’événements très spécifiques comme celui que nous avons connu ce trimestre», estime Baudouin Prot.
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