Axa se dit intéressé par un investissement dans la «bad bank» espagnole
L’assureur français Axa envisage de réaliser un investissement dans la Sareb, la structure de défaisance des actifs immobiliers toxiques des banques espagnoles. «Nous sommes intéressés par un investissement dans la bad bank parce que nous sommes une société responsable et qu’il est dans l’intérêt de toutes les grandes institutions financières que le système bancaire espagnol retrouve un fonctionnement normal», a déclaré Henri de Castries, président d’Axa, dans le cadre d’un entretien accordé en fin de semaine passée au journal espagnol Expansion. Le président a indiqué discuter avec le gouvernement espagnol des modalités d’investissement, ajoutant que celles-ci devaient être raisonnables.
Plusieurs institutions financières espagnoles ont fait part de leur intention d’investir dans la structure. Début décembre, les assureurs Mapfre et Mutua Madrilena avaient annoncé prévoir d’investir respectivement 50 millions et 30 millions d’euros dans la Sareb, sans préciser si cet engagement se ferait via un rachat de dette ou une injection de capitaux. La première banque domestique Santander, ainsi que la cinquième, Sabadell, ont également indiqué prévoir d’y investir.
Selon la presse espagnole, d’autres acteurs, cette fois internationaux, pourraient également suivre ce mouvement, à l’image de Deutsche Bank et Barclays, qui ont des réseaux d’agences en Espagne. Ces dernières n’ont pas souhaité faire de commentaires.
Alors que la Sareb sera dotée pour ses débuts de 3,9 milliards d’euros, Madrid souhaite que 2,2 milliards d’euros soient fournis par des investisseurs privés d’ici mi-décembre afin que l’Etat espagnol maintienne une participation inférieure à 50%. La bad bank pourra recevoir un montant allant jusqu’à 90 milliards d’euros d’actifs jugés toxiques.
«Un investissement dans la bad bank espagnole peut se révéler intéressant. Si le risque est important, et qu’il est actuellement difficile d’identifier le point bas du secteur immobilier espagnol, le potentiel de hausse peut se révéler significatif. Les décotes sur les prêts immobiliers ont en effet été fixées à 45,6% et celles sur les actifs saisis à 63,1%», relève Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon. «Bankia a ainsi prévu de transférer pour 52,5 milliards d’euros d’actifs à la Sareb avec une décote, qui me semble très importante, de 27,9 milliards d’euros».
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