Santander prévoit un retour à la normale de sa rentabilité en 2014
Lors d’une réunion avec des investisseurs à Londres, Alfredo Saenz, PDG de Santander, a annoncé «un retour à la normale de son bénéfice d’ici trois ans». Cette réunion à laquelle ont assisté 300 analystes tombe à point pour calmer les investisseurs inquiets de la crise de la dette en zone euro et par le recul de 21% du bénéfice net de la banque espagnole au second trimestre provoqué par les provisions liées au litige de l’assurance emprunteur en Grande-Bretagne.
«Le bénéfice tendra à se normaliser dans les trois prochaines années, ce qui produira une amélioration de la rentabilité sur fonds propres estimée entre 3 et 6 points de pourcentage à moyen terme», a indiqué la banque.
Le géant de la zone euro justifie son optimisme en raison des perspectives positives de croissance de son bénéfice net à deux chiffres sur les marchés émergents, notamment en Amérique latine et en Pologne, et une prévision de génération de capital de 2 milliards d’euros par an en Espagne et au Portugal en 2013 et 2014. Alfredo Saenz a également annoncé une stabilisation voire une baisse de ses provisions et une croissance à un chiffre de son bénéfice net d’ici 3 ans sur les marchés matures, comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis.
Outre-Manche, la banque prévoit d’investir en 2012 et 2013, afin, là aussi, de dégager un plus haut niveau de rentabilité à partir de 2014. D’ici là, Santander UK souffrira de la faiblesse des taux, du coût des nouvelles régulations bancaires - décuplé entre 2008 et 2013 -, de la faible croissance britannique et de provisions élevées. Une introduction en Bourse de la filiale n’est donc plus attendue avant 2014.
Alfredo Saenz a insisté sur la «solidité du modèle commercial» du groupe qui, selon lui, a relativement bien tiré son épingle du jeu pendant la crise. Diversification géographique sur les marchés émergents et matures, expansion internationale, faible exposition à la dette souveraine, concentration sur la banque de détail, politique de réduction des coûts sont les ingrédients du succès de cette formule.
C’est justement grâce à la stratégie de contrôle des coûts qu’Ahorro Corporación pense que la banque pourra compenser un «possible ralentissement des revenus». Le bureau d’analyse souligne que la perte depuis le 27 juillet de 16% de la valeur boursière de Santander est inférieure à celle de 26% pour l’ensemble du secteur.
Plus d'articles du même thème
-
La France espère fédérer le G7 sur la résolution des déséquilibres mondiaux
Face à une Chine puissante par ses exportations mais entraînant d’importants déséquilibres macroéconomiques, Roland Lescure souhaite faire adopter aux ministres des finances du G7 une méthode de résolution et une coopération renouvelée. -
Olivier Blanchard relance son projet de dette commune européenne
L'ex-directeur général du FMI et Angel Ubide, cadre de Citadel, viennent de préciser leur proposition pour créer des eurobond et doter la zone euro d'un actif refuge. Une solution taillée pour désamorcer les oppositions politiques, alors que l'Europe veut gagner en souveraineté financière. -
Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
La responsable des fusions-acquisitions de la banque d’investissement du Crédit Agricole a débuté dans le monde du M&A au milieu des années 90. Elle ne l’a plus quitté depuis et explique comment elle a réussi à atteindre son poste actuel tout en distillant des conseils aux femmes souhaiteraient faire carrière dans ce métier encore très masculin.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
CampagnesAnnie Genevard : « On ne peut pas rester à un tel niveau de conflictualité sur l'agriculture. Ce n'est pas sain »
La ministre de l'Agriculture défendra le texte de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale à partir du mardi 19 mai, avec la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut -
Think againPeut-on espérer de Donald Trump une « détente » ?
Ce scénario de « la stabilité stratégique constructive » avancé par Xi Jinping aurait de quoi séduire n’importe quel président normal, comme dirait l’autre. Mais l'Américain n’est pas normal. -
InterviewOthman Nasrou (Les Républicains) : « nos militants réclament la fin de la cacophonie »
Pour le secrétaire général de LR, l’objectif des élections internes des 8 et 9 juin est « d’avoir, avant l’été, un parti en ordre de bataille pour la présidentielle, redynamisé par l’élection de cadres motivés ».