Mediobanca fait de la place à Vincent Bolloré

Le pacte d’actionnaires a été assoupli. L’homme d’affaires voit la banque comme une holding, toutefois elle cède son portefeuille de participations
Antoine Landrot

Vincent Bolloré est parvenu à ses fins. Réunis hier à l’occasion de la publication des comptes semestriels de Mediobanca, les membres du pacte d’actionnaires de l’établissement italien ont autorisé l’homme d’affaires français à accroître sa participation de 6% à 8%. A travers la holding la Financière du Perguet, le groupe Bolloré deviendrait alors le deuxième investisseur par ordre d’importance, derrière UniCredit, qui contrôle 8,66% de son capital.

Par la même occasion, les règles du pacte ont été assouplies. Ainsi, le seuil minimum à partir duquel l’accord est opérant a été baissé à 25%, contre 30% précédemment. Cette modification est notamment la conséquence de la sortie de plusieurs de ses membres en septembre dernier, en particulier Groupama. L’assureur mutualiste français, avec sa participation de 4,93%, est dans une logique de cession de ses participations non stratégiques dans le cadre de son recentrage. D’autres actionnaires, comme Generali et Italmobiliare, ont pris la même décision: ceux-ci représentent au total 3,21% du capital de Mediobanca.

Actionnaire de longue date de l’établissement, Bolloré s’est récemment renforcé à son capital en profitant de la chute du titre au cours de la crise des dettes souveraines de la zone euro. La holding de Vincent Bolloré contrôlait 5,18% de l’établissement jusqu’à la mi-2011, puis est montée progressivement à 5,47% au cours du mois d’août de cette année-là, avec l’autorisation de grimper jusqu’à 6%, ce qui fut fait par la suite.

«Mediobanca est absolument stratégique. Avant d’être une banque, Mediobanca est une holding financière. C’est une très belle affaire, très bien menée. Si Groupama souhaite en sortir, nous nous renforcerons», avait déclaré en 2012 l’homme d’affaires à l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires du groupe Bolloré. Toutefois, en difficulté financière, Mediobanca a annoncé en juin 2013 son intention de céder presque toutes ses participations stratégiques et d’en réduire certaines. Elle a récemment vendu ses parts dans RCS Mediagroup (propriétaire du Corriere della Sera) et du distributeur américain Saks. Ces opérations lui ont permis de multiplier par 9 son bénéfice net au deuxième trimestre de son exercice (qu’elle clôture le 30 juin), à 133,5 millions d’euros.

Jusqu’à présent fidèle à la tradition du capitalisme transalpin, Mediobanca est encore actionnaire de certaines des plus grandes entreprise du pays comme Telecom Italia, Generali et Pirelli.

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