Les comptes des assureurs restent difficiles à comparer
Il est toujours difficile de comparer les groupes d’assurances, en raison d’un manque persistant d’homogénéité de leur communication financière, si l’on en croit la sixième étude annuelle de Mazars, réalisée à partir des publications de seize assureurs européens en 2013. Un paradoxe alors que les normes IFRS et Solvabilité 2 sont censées y remédier.
«La comparabilité des résultats financiers avance très lentement, affirme Gilles Magnan, associé chez Mazars. Les normes IFRS sont parfois trop imprécises, inadaptées, trop sophistiquées ou trop partielles. Les caractéristiques des contrats d’assurance y sont par exemple peu traitées: chacun applique les normes de son pays d’origine.»
Concernant l’évaluation des actifs financiers, le cabinet souligne que les critères de dépréciation diffèrent toujours autant. Pour la perte de valeur significative par exemple (exprimée en pourcentage), quatre assureurs ne donnent aucune information, tandis qu’aucun des cinq critères laissés au choix des assureurs n’est utilisé par plus de quatre d’entre eux.
La création par le Conseil de stabilité financière du statut d’assureur d’importance systémique, qui concerne neuf assureurs mondiaux, dont cinq européens, a accru l’hétérogénéité du secteur. Cette nouvelle catégorie, que Mazars estime peu adaptée à l’assurance, a provoqué de nouveaux besoins et de nouvelles différences dans la communication autour de la comptabilisation des dérivés. Le volume de ces derniers sert à mesurer le degré d’interconnexion d’un assureur avec ses pairs, l’un des critères définissant un établissement systémique. Sur les seize groupes étudiés par Mazars, douze dédient une note spécifique à ces instruments et douze mentionnent leur politique de collatéralisation. «Les assureurs donnent suffisamment d’information pour apprécier leur degré d’exposition», indique Sébastien Arnauld, senior manager assurance.
En revanche, le bilan est moins favorable pour les dérivés de crédit (CDS): cinq ne donnent aucune information. En outre, l’information fournie pour comprendre les stratégies d’utilisation des dérivés pour la gestion des risques reste diverse et trop souvent générale.
La norme IFRS 13 sur la juste valeur, applicable depuis 2013, n’a pas joué le rôle escompté. Seuls deux acteurs ont chiffré l’effet de sa mise en œuvre. En outre, la prise en compte du risque de crédit dans la valorisation des dérivés n’est explicitement mentionnée que dans deux cas.
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