Les banques américaines vont clôturer 2017 sur de lourdes provisions
La dépréciation des actifs d’impôts différés déclenchée par la réforme fiscale devrait masquer une activité globalement bien orientée au quatrième trimestre.
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Julien Beauvieux
Citigroup cumule 20 milliards de dollars de pertes, dont 3 à 4 en imposition de bénéfices non rapatriés.
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Photo Bloomberg.
Les grandes banques américaines entament cette semaine la saison des résultats, avec les publications ce vendredi de JPMorgan et Wells Fargo pour le quatrième trimestre. Si l’activité devrait être globalement bien orientée, hormis dans le trading, les trois derniers mois de 2017 seront néanmoins marqués par d’importantes provisions. Morgan Stanley a ainsi indiqué vendredi que son résultat du quatrième trimestre serait amputé de 1,25 milliard de dollars du fait de la dépréciation d’actifs d’impôts différés.
En réduisant de 35% à 20% l’impôt sur les sociétés, la réforme Trump a déclenché un mouvement d’ajustement comptable qui sera sensible chez les banques ayant accusé de lourdes pertes suite à la crise. Citigroup culminera à 20 milliards de dollars, devant Goldman Sachs (5 milliards) et Bank of America (3 milliards). Ces chiffres intègrent aussi l’imposition des bénéfices non rapatriés, jusque-là exemptés d’impôts, qui coûtera 3 à 4 milliards de dollars à Citigroup.
Au-delà de cet effet ponctuel, les banques profiteront de la baisse des prélèvements, KBW estimant que Bank of America et Wells Fargo, du fait de leur forte exposition américaine, en seront les plus grandes bénéficiaires. Alors que la Fed a récemment relevé sa prévision de croissance pour 2018 à 2,5% et pourrait accélérer le durcissement de sa politique monétaire pour contrer l’effet inflationniste de la réforme, Wall Street devrait aussi engranger cette année une nouvelle accélération de sa marge d’intérêt. Cette dernière devrait déjà être significative au quatrième trimestre. Au troisième trimestre, Bank of America avait vu sa marge bondir de 17%.
Côté BFI, le quatrième trimestre ne devrait pas marquer de retournement de tendance dans le trading, et la faible volatilité persistante ne laisse pas entrevoir d’inflexion pour 2018. Citigroup, qui publiera ses résultats le 16 janvier, a indiqué que ses revenus de courtage chuteraient de 17% à 19% au quatrième trimestre, tandis que Bank of America, qui annonce ses résultats le 17 janvier, table sur un repli de 15%. La bonne surprise devrait provenir des activités de banque d’investissement, comme l’a laissé entrevoir Jefferies fin décembre. La hausse de 38% de ses revenus de conseil en M&A avait permis à Goldman Sachs, qui publie le 17 janvier, de limiter la casse au troisième trimestre.
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