La politique fiscale de Trump s’est invitée au menu de la Fed
Les minutes de la réunion du FOMC montrent que le rythme de trois hausses de taux prévu pour 2018 suscite le débat.
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Antoine Landrot
Jerome Powel, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine
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Crédit Fed.
La présidente sortante de la Réserve fédérale américaine (Fed) Janet Yellen a beau avoir insisté pour que le relèvement de certaines prévisions économiques, effectué à l’occasion de la réunion du comité de politique monétaire (FOMC) les 12 et 13 décembre dernier, ne soit pas interprété comme un soutien à la politique fiscale de Donald Trump, celle-ci a bien occupé une partie des discussions entre les membres du FOMC, révèlent les minutes de la réunion publiées hier.
Le plan de baisse d’impôts de 1.500 milliards de dollars, qui entrera en vigueur cette année, réduit de 35% à 21% l’impôt sur les sociétés et réduit temporairement la fiscalité de la plupart des ménages. Ses effets sur l’économie américaine, en particulier l’augmentation des dépenses de consommation des ménages, a divisé les participants. Ceux-ci «ont discuté de plusieurs risques qui, s’ils se concrétisaient, pourraient nécessiter une accélération du rythme de hausse» des taux directeurs de la Banque centrale, est-il écrit dans les minutes. «Ces risques comprennent la possibilité que les pressions inflationnistes s’accumulent excessivement», précise le compte-rendu.
Dans ce cas, certains responsables de la Fed estiment que le FOMC devrait procéder à davantage de hausses de taux que prévu. A l’occasion de sa dernière réunion, le comité a confirmé qu’il envisageait de maintenir le rythme de trois hausses de taux en 2018, comme l’année précédente.
Mais selon un autre scénario évoqué au cours des discussions, la réforme fiscale pourrait se révéler stérile en termes d’inflation, alors que le niveau actuel est loin de l’objectif des 2% à moyen terme qui sert d’aiguillon à la Fed pour remonter progressivement ses taux. «Certains interlocuteurs dans les milieux d’affaires […] estiment que l’augmentation des flux de trésorerie qui résulteraient [des baisses d’impôt] serait plus probablement utilisée par les entreprises pour réaliser des fusions et acquisitions, réduire leurs dettes ou racheter leurs actions», au lieu d’investir davantage ou d’augmenter les salaires, indiquent les minutes. C’est la raison pour laquelle plusieurs participants estiment que le nombre de relèvements prévu en 2018 pourrait se révéler excessif. Deux membres du FOMC s’étaient ainsi opposés à la hausse de taux de 25 points de base votée le mois dernier.
Le FOMC se réunira à nouveau les 30 et 31 janvier, mais aucune décision n’est attendue.
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